L'ultraconservateur Ebrahim Raïssi élu nouveau président en Iran

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Avec plus de 62,2% des voix, selon des résultats officiels partiels du premier tour, publiés samedi en fin de matinée, Ebrahim Raïssi, devrait remporter la présidentielle en Iran. Le taux de participation a été de 48,8%, ce qui représente un record d'abstention.

Avant même la proclamation des résultats, M. Raïssi, en qui certains médias iraniens voient un possible successeur de M. Khamenei (82 ans cette année), a été reçu par M. Rohani et le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf qui l'ont félicité.

L'ancien président de la Banque centrale Abdolnasser Hemmati, obtient 8,39%, devant le député Amirhossein Ghazizadeh-Hachémi (3,45%).

Chef de l'Autorité judiciaire, M. Raïssi, 60 ans, faisait figure d'archifavori, faute de concurrence réelle après la disqualification de ses principaux adversaires.

La campagne électorale a été fade, sur fond de ras-le-bol général face à la crise, dans un pays riche en hydrocarbures mais soumis à des sanctions américaines.

Joint au téléphone à Téhéran, Kamal résume l'apathie de ses compatriotes, qui devraient s'abstenir massivement ce vendredi lors de l'élection de leur président de la République, pour succéder au modéré Hassan Rohani, qui après deux mandats ne peut plus se représenter. Ce descendant du prophète Mohamed et proche du Guide suprême dit vouloir combattre la pauvreté et la corruption.

Le président a des prérogatives limitées en Iran, où l'essentiel du pouvoir est aux mains du guide suprême.

Le bilan de M. Rohani est entaché par l'échec de sa politique d'ouverture après le retrait des Etats-Unis, en 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances.

Interrogé en 2018 et en 2020 sur cette page controversée de l'histoire récente, M. Raïssi a nié y avoir joué le moindre rôle, mais a rendu "hommage" à l'"ordre" donné selon lui par l'ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, de procéder à cette épuration.

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