"Rapport sur le Génocide | Le gouvernement du Rwanda salue " un pas important

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Ce rapport de plus de 1000 pages, fruit de deux années d'analyse des archives françaises, dresse un bilan sans concession de l'implication militaire et politique de Paris, tout en écartant la "complicité" de génocide longtemps dénoncée par Kigali. La commission, présidée par l'historien Vincent Duclert, a été mise en place en 2019 par Emmanuel Macron.

Le rôle central de MitterrandLe rôle de François Mitterrand, président de la République à l'époque, est particulièrement pointé du doigt. "Elle est demeurée aveugle face à la préparation" du génocide et "cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d'une volonté du chef de l'Etat et de la présidence de la République".

La France, où se sont installées plusieurs personnes suspectées d'avoir des responsabilités dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, "poursuivra ses efforts" contre les responsables de génocides, ajoute-t-il. Et ce, " en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris ".

Le document consulté par l'AFP avant sa publication officielle insiste sur la responsabilité cruciale du président socialiste de l'époque, François Mitterrand, dans cette politique.

L'arrivée en 1993 d'un gouvernement de droite -la France entre en "cohabitation"- ne modifiera pas fondamentalement la donne, malgré des affrontements parfois "impitoyables" entre l'Elysée et le gouvernement du Premier ministre Edouard Balladur, beaucoup moins enclin à l'engagement français au Rwanda.

"Au moment du génocide, la France "a tardé à rompre" avec les responsables, et a continué à placer la menace du FPR (Front patriotique rwandais, l'ex rébellion tutsi qui mit fin au génocide) au sommet de ses préoccupations", écrivent les historiens. Il faut souligner que lors de la phase paroxystique du génocide, le 7 avril, la France n'est pas présente militairement au Rwanda.

Cette opération controversée, Turquoise, a certes "permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide", écrit la commission, qui souligne que les autorités françaises "se refusent à arrêter" les commanditaires du génocide ayant trouvé refuge dans la zone sous contrôle français.

Kigali a a salué "un pas important vers une compréhension commune du rôle de la France", dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Il est aussi l'objet d'un débat violent et passionné entre chercheurs, universitaires et politiques.

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