Durcissement du bras de fer entre Pékin et les Occidentaux — Ouïghours

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Après H&M, le géant américain des articles sportifs Nike est devenu jeudi la cible d'une tempête médiatique en Chine après son boycott du coton du Xinjiang, sur fond d'allégations de "travail forcé" imposé aux Ouïghours.

L'Union européenne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada ont imposé lundi des sanctions coordonnées contre des dirigeants passés ou actuels de la région du Xinjiang, où Pékin impose depuis quelques années une surveillance policière drastique, et Pékin a immédiatement riposté avec des sanctions contre des personn. Ces derniers ont été retirés de sites de vente en ligne en Chine, et des personnalités chinoises ont retiré leur soutien aux marques. Ses magasins restent ouverts.

"Les intérêts du pays passent avant tout". La polémique a enflé le jeudi 26 mars avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs. Sur Weibo (le Twitter chinois), la Ligue de la jeunesse communiste a accusé H & M de " répandre des rumeurs pour boycotter le coton du Xinjiang, tout en voulant gagner de l'argent en Chine ". "Vous rêvez!", avait-elle écrit. "Mais une fois rentré à la maison, je vais les jeter!", assurait-il, même si ces postures patriotiques ne sont pas forcément suivies d'effets durables. Deux membres de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, Gayle Manchin et Tony Perkins, ainsi que le député canadien Michael Chong et une commission parlementaire canadienne sur les droits de l'Homme sont interdits d'entrée en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères. "Les surfeurs ont appelé au boycott des produits de la chaîne de mode populaire et l'ont appelé à quitter le marché chinois". "Une chose est toutefois certaine: les Chinois n'autoriseront probablement pas des étrangers à profiter des largesses de la Chine tout en la critiquant".

L'institut Aspi, financé par les autorités australiennes mais aussi étrangères (notamment américaines), accusait H&M l'an dernier de s'être approvisionné auprès de structures utilisant de la main-d'oeuvre ouïghoure provenant de "camps de rééducation". L'acteur Huang Shuan, qui a été nommé il y a un an pour représenter les vêtements pour hommes de H&M en Chine, s'est déclaré opposé à toute tentative de discréditer la Chine et la situation des droits de l'homme dans le pays. Le communiqué du groupe suédois datant de 2020 n'était par ailleurs plus visible jeudi sur son site internet (signe d'un possible retrait).

Nike n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires de l'AFP.

Sur Weibo, d'autres noms de marques ayant adopté des positions similaires contre le coton chinois circulaient jeudi: Zara, Gap, New Balance ou encore Fila, laissant entrevoir de potentielles conséquences sur leurs affaires.

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