Le pape en Irak : un voyage risqué mais plein d’espoir

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Le souverain pontife de 84 ans, qui a déclaré arriver en "pèlerin de la paix", a atterri à 11H00 GMT à Bagdad pour une visite de trois jours durant laquelle il tendra aussi la main aux musulmans en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde.

En arrivant vendredi à Bagdad, c'est sans aucun doute dans une voiture blindée que le pape découvrira une capitale aux rues vides mais ornée de posters à son effigie et même d'un immense arbre lumineux aux couleurs du Vatican sur l'emblématique place Tahrir où fin 2019 une révolte avait éclaté.

Masqué, le Saint-Père sera souvent seul sur les routes, refaites pour l'occasion, en raison d'un confinement total décrété après que le nombre de contaminations a battu cette semaine un record, avec plus de 5 000 cas de Covid-19 recensés par jour.

Les étapes de la visite papale rassembleront quelques centaines de personnes seulement, à l'exception d'une messe dimanche dans un stade d'Erbil, au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles. Selon monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de l'œuvre d'Orient à Paris et qui est en Irak, le risque est bien présent: "Vous savez, dès que le pape sort, il sait bien que sa sécurité est en jeu".

"Je viens parmi vous comme un pèlerin de paix (...) après des années de guerre et de terrorisme", a signalé le pape dans un message vidéo au peuple irakien rendu public à la veille de son départ.

François vient au chevet des chrétiens, ceux qui n'ont pas choisi l'exil, et de tout un pays qui n'en peut plus après 40 ans de crise sécuritaire, économique, sociale et sanitaire. Quand en 2014, l'État islamique (EI) a pris la plaine de Ninive, bastion chrétien du nord, des dizaines de milliers d'habitants ont fui et peu font désormais confiance à des forces de l'ordre qui les ont alors abandonnés, disent-ils.

Mais, se lamente le cardinal Leonardo Sandri, qui chapeaute la "Congrégation pour les églises orientales" au Vatican et accompagne le pape, "un Moyen-Orient sans les chrétiens, c'est un Moyen-Orient qui a la farine mais pas le levain et le sel".

Au début des années 2000, l'Irak comptait 1,5 million de chrétiens.

Le pape participera également à une prière à Ur, berceau d'Abraham dans le sud, avec des dignitaires chiites, sunnites, yazidis et sabéens.

Il se rendra samedi à Nassirya dans le sud où il s'entretiendra avec le grand ayatollah Ali al-Sistani pour un épisode inédit du dialogue islamo-chrétien.

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