Le débat - Prison ferme pour Nicolas Sarkozy, une première en France

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Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable ce lundi à Paris de corruption et de trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes", qui avait éclaté en 2014, deux ans après son départ de l'Elysée. Le parquet national financier a requis quatre ans de prison dont deux avec sursis à l'encontre de l'ancien président de la République.

À tel point que des militants et cadres du parti, à commencer par son président Christian Jacob, espéraient un retour de leur ancien champion pour 2022.

L'avocat de Nicolas Sarkoy, Thierry Herzog, a été condamné pour " corruption par particulier sur un magistrat " et " violation du secret professionnel " à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, assorti d'une interdiction d'exercice professionnel d'une durée de cinq ans. Le tribunal a ainsi estimé que le pacte de corruption était établi grâce à un "faisceau d'indices graves et concordants ".

"Quand certains juges se mettent à faire de la politique, le rôle des élus du peuple, c'est de le dénoncer fortement", a affirmé mardi sur LCI le numéro 2 de LR Guillaume Peltier, pour qui "il n'y a plus de justice" quand "le poison de la politisation et de la partialité pèse sur la justice". "Au surplus, Nicolas Sarkozy est avocat".

Retiré de la politique depuis 2016 mais toujours très populaire à droite, un an avant le prochain scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy est sous forte pression judiciaire.

Nicolas Sarkozy était accusé d'avoir tenté d'obtenir en 2014, par l'entremise de Me Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert, alors haut magistrat, dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt.

Une dizaine de leurs conversations ont été retranscrites. Gilbert Azibert, avocat général dans une chambre civile, n'intervenait pas directement dans ce dossier mais il a selon le tribunal joué de ses relations.

Lors du procès qui s'est achevé le 10 décembre, la défense s'était insurgée contre un dossier basé sur des "fantasmes" et des "hypothèses" et avait plaidé à l'unisson la relaxe des prévenus.

Elle avait fait valoir qu'in fine, Nicolas Sarkozy n'a pas eu gain de cause devant la haute juridiction et que Gilbert Azibert n'a jamais eu de poste à Monaco. Ainsi, celui qui est coupable de corruption et trafic d'influence devra réaliser sa peine... à domicile.

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