La Maison Blanche veut "recalibrer" sa relation avec l'Arabie Saoudite — Etats-Unis

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Publié le 26 févr. En 2018, après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en Turquie, Donald Trump avait refusé de pointer la responsabilité du prince héritier Mohammed Ben Salman, principal acheteur d'armes des Etats-Unis.

Le gouvernement américain a d'ores et déjà prévenu que Joe Biden entendait " recalibrer " sa relation avec Ryad, en ne parlant qu'au roi et non au prince, interlocuteur privilégié de Donald Trump, et en mettant l'accent sur les droits humains. L'administration Biden a annoncé à ce propos, que des mesures seront dévoilées sans donner plus de précision.

Ces sanctions s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle règle, baptisée par le département d'État américain " Khashoggi ban", ou " interdiction Khashoggi", visant à interdire d'entrée aux États-Unis toute personne accusée de s'attaquer, au nom des autorités de son pays, à des dissidents ou journalistes à l'étranger, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué. Les restes de M. Khashoggi n'ont jamais été retrouvés ni rendus, précise-t-elle dans sa plainte. Cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison, les peines capitales ayant, depuis, été commuées.

Les services de renseignement américains supposent par ailleurs que, à l'époque de l'assassinat de Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane faisait régner un climat tel que ses collaborateurs n'osaient vraisemblablement pas remettre en question les ordres reçus, "de crainte d'être renvoyés ou arrêtés".

Le compte rendu de la Maison Blanche a déclaré que Biden "avait noté positivement" la libération du prisonnier politique Loujain al-Hathloul et de plusieurs militants saoudo-américains.

Les deux dirigeants ont discuté du Yémen et des efforts pour mettre fin à la guerre là-bas, soulignant que les États-Unis continueront à fournir un soutien militaire "pour aider Arabie Saoudite défendre son territoire contre les attaques de groupes alignés sur l'Iran ".

La publication de ce rapport va certainement nuire aux relations entre Washington et Riyad, mais les réalités géopolitiques demeurent; les Etats-Unis sont depuis les années trente le garant de la sécurité du royaume saoudien, qui assure pour sa part la régulation de l'approvisionnement du marché mondial de pétrole, sans doute la plus stratégique des matières premières actuelles, fort de ses réserves fabuleuses et de capacités de production estimées actuellement à 12,5 millions de barils par jour. Washington et Riyad sont en outre alliés face à l'Iran, notamment en raison des ambitions nucléaires et de l'ingérence régionale de Téhéran.

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