Face à un projet de loi, Facebook sort l’artillerie lourde — Australie

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Le réseau social a indiqué par le passé que les informations de presse représentaient seulement 4% des contenus consultés par ses utilisateurs, mais il s'agit d'une source primordiale d'information aux yeux des Australiens.

Pour la communauté internationale d'utilisateurs, une conséquence est également qu'ils ne peuvent pas consulter ou partager des informations australiennes sur Facebook ou le contenu des Pages d'actualité australiennes.

Avec cette initiative d'ampleur, le groupe de Mark Zuckerberg marque définitivement son opposition à un projet de loi en Australie visant à contraindre les plateformes à rémunérer les médias. Il a été adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants et est désormais devant le Sénat.

"Ce que les événements d'aujourd'hui confirment pour tous les Australiens, c'est la position dominante de ces géants dans notre économie et le paysage numérique", a le ministre des Finances. Il en va ainsi des pages d'alertes sur les feux de brousse, les cyclones, la pandémie de covid-19, et même du service national de lutte contre les agressions sexuelles et la violence domestique.

Josh Frydenberg a déclaré que son gouvernement demeure "résolument déterminé" à mettre en œuvre son projet de loi.

Un porte-parole de Facebook a affirmé que les pages officielles du gouvernement "ne devraient pas être affectées " par les mesures de rétorsion, et a promis le rétablissement de toutes les pages qui ont été "affectées par inadvertance ". Les pages Facebook des ministères ou d'agences gouvernementales sont également impactées.

Comme on peut s'en douter, cette décision a été fermement contestée par le gouvernement australien qui l'a qualifié " d'autoritaire ". "Couper l'accès à des informations vitales à tout un pays en pleine nuit est inadmissible ", a-t-elle dit.

Le gouvernent australien ainsi que des groupes de presse ont dit s'inquiéter d'une éventuelle prolifération de fausses informations. Plusieurs pages Facebook à l'origine de théories complotistes et de désinformations n'ont, en effet, pas été touchées par cette mesure. "Avec le cœur lourd, nous avons choisi cette dernière".

"La décision de Facebook en Australie montre précisément la raison pour laquelle nous avons besoin que les juridictions du monde entier, y compris au Royaume-Uni, se coordonnent pour élaborer une réglementation robuste afin d'établir des règles de jeu véritablement équitables entre les géants de la technologie et les groupes de presse", a déclaré Henry Faure Walker.

Dernier en date, mercredi, avec le groupe News Corp de Rupert Murdoch, propriétaire notamment des deux tiers des principaux journaux australiens.

Tension entre Facebook et l'Australie.

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