Espagne : violentes manifestations après la condamnation du rappeur Pablo Hasél

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Au moins 15 personnes ont été arrêtées lors de ces manifestations survenues suite à l'arrestation, mardi, du rappeur condamné à une peine de prison de neuf mois pour avoir posté des tweets critiquant la monarchie espagnole et les forces de l'ordre.

Une nouvelle manifestation doit également avoir lieu samedi soir à Madrid, où la précédente, mercredi, avait donné lieu à des scènes que le maire de la ville, José Luis Martínez Almeida, avait qualifié de "guérilla urbaine".

À Madrid, des manifestants, le visage dissimulé, ont lancé des bouteilles sur les policiers anti-émeutes, qui ont chargé.

À Barcelone, des altercations ont été enregistrées à nouveau, avec des projectiles jetés sur les policiers et des barricades érigées avec des bennes à ordures incendiées. 55 personnes ont au total été blessées, dont 35 policiers, selon la police.

"Dans la capitale catalane, environ 1 700 manifestants se sont rassemblés près de la place centrale de la ville, aux cris de "Libérez Pablo"!"

Le rappeur - de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró - avait jusqu'à vendredi soir pour se rendre volontairement en prison et commencer à y purger la peine de neuf mois qui lui avait été infligée par la justice espagnole.

Les manifestations ont commencé mardi soir en Catalogne (Nord-Est) après l'arrestation de Pablo Hasél, 32 ans, un rappeur qui s'était barricadé lundi dans une université de Lérida, sa ville natale, afin d'échapper à la prison.

Des journalistes de l'AFP ont vu des jeunes en capuches enflammer des poubelles, jeter des projectiles contre les forces de l'ordre et attaquer notamment l'immeuble abritant le journal El Periódico de Cataluña. "Plusieurs organisations ont tenu des sit-in et des manifestations en faveur du rappeur et plus de 200 personnalités du monde de la culture et de l'art ont signé une pétition de soutien en sa faveur, accusant l'Espagne de " répression " et de " violation de la liberté d'opinion et d'expression et de restrictions aux libertés ".

L'affaire était devenue une véritable épine dans le pied du gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, à plus forte raison à l'approche des élections catalanes de dimanche dernier. La porte-parole de l'exécutif, María Jesús Montero, a reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur.

Évitant de se prononcer sur la peine, la numéro deux du gouvernement Carmen Calvo a défendu la nécessaire "tolérance propre à une démocratie mature comme la nôtre" dans le domaine de la liberté d'expression.

Partenaire des socialistes au sein du gouvernement, le parti de gauche radicale Podemos a vertement dénoncé mardi l'arrestation du rappeur.

Il répondait ainsi au leader de Podemos, Pablo Iglesias, qui est aussi le deuxième vice-président de son gouvernement, qui avait affirmé la semaine dernière qu'il n'existait pas en Espagne "une situation de normalité politique et démocratique pleine". Ces propos ont déclenché un tollé de la part de tous les partis de l'opposition de droite, mais aussi un énorme malaise au sein même du Parti socialiste de Pedro Sánchez.

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