Échec des négociations pour un nouveau gouvernement Conte — Italie

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Ainsi, le président de la République, Sergio Mattarella - sorte d'arbitre de la politique italienne -, a constaté l'impossibilité de dépasser la crise enclenchée par la sortie de la majorité du parti de Matteo Renzi, Italia Viva, et a tenté un coup de poker: appeler Mario Draghi à la rescousse.

Plus tôt vendredi soir, le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème avant son arrivée au pouvoir), principal soutien de Giuseppe Conte, s'était finalement dit prêt à discuter avec Matteo Renzi, après avoir dans un premier temps exclu catégoriquement cette possibilité. C'est la raison pour laquelle le chef de l'État Sergio Mattarella a confié un mandat exploratoire au président de la Chambre des députés, Roberto Fico. Ce dernier, hostile à des élections législatives anticipées dans un contexte d'urgence sanitaire économique et sociale, a lancé un appel à toutes les forces politiques pour soutenir un gouvernement institutionnel qui pourrait être dirigé par Mario Draghi.

Mario Draghi, un homme affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination est "une personne extrêmement bien préparée et déterminée", a commenté pour l'AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école de commerce de Polytechnique à Milan. Il est diplômé en économie et titulaire d'un doctorat du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Les deux piliers de sa coalition, le Part démocrate (centre gauche) et le Mouvement 5 étoiles (anti-système) ont continué à le soutenir, mais sans IV il n'avait pas de majorité assurée au Parlement.

La semaine dernière, le Premier ministre du pays, Giuseppe Conte, a démissionné après le retrait de l'ancien Premier ministre Matteo Renzi de la coalition gouvernementale. Il déclare chercher à sortir rapidement l'Italie de ses tourments politiques afin de s'attaquer aux autres défis, tels que la crise sanitaire.

"La conscience que nous traversons une crise exige des réponses à la hauteur de la situation", a-t-il insisté alors que l'Italie, qui a enregistré plus de 89.000 morts depuis le début de la pandémie, a plongé dans sa plus grave récession depuis la Deuxième Guerre mondiale, avec une chute de 8,9% de son PIB en 2020.

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