La parole se libère après la publication de "La Familia grande"

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Dans le livre "La Familia grande" (Ed. Seuil), paru le 7 janvier, Camille Kouchner accuse M. Duhamel d'avoir agressé sexuellement son jumeau lorsqu'il était adolescent à la fin des années 80.

Sur Twitter, un nouveau mot-dièse a ainsi été créé et s'est répandu comme une traînée de poudre ce week-end des 16 et 17 janvier, signe de la volonté des victimes de briser l'omerta autour de ces violences impardonnables. Elle prévoit de punir de 20 ans de réclusion criminelle une relation sexuelle avec un mineur de moins de 18 ans si l'auteur des faits est "un ascendant; un frère, une sœur, un oncle, une tante, un neveu, une nièce; le conjoint ou le concubin" des personnes citées ci-dessus.

Près de 6.000 tweets ont ainsi été postés avec le mot-clé #MeTooInceste, qui a été l'un des mots-clés les plus utilisés ce samedi sur Twitter. Il en est ressorti qu'un hashtag serait un moyen fort de sortir de l'ombre et du silence les milliers de victimes de ces actes. Pourtant un français sur dix affirme avoir été victime d'inceste. Aussi, les chiffres de l'inceste en France ont triplé depuis 2009, indique l'association Face à l'inceste. Ce mouvement de libération de la parole était nécessaire pour ceux qui n'ont jamais eu le droit qu'au silence. Le silence est train de se rompre progressivement. Alors que le délai de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs a été allongé à 30 ans en 2018, des voix s'élèvent pour demander leur imprescriptibilité.

Pour #Noustoutes, "ces témoignages viennent confirmer ce que disent et répètent depuis de nombreuses années" les professionnels de la protection de l'enfance. En particulier pour l'inceste, depuis que l'affaire Olivier Duhamel a éclaté. "Les personnes qui commettent le crime d'inceste viennent de tous les milieux", les adultes réagissent "peu ou mal" et les signaux envoyés par les victimes "ne sont pas entendus".

Le mouvement estime aussi que "nous aurions la possibilité de détecter ces violences très vite et de les faire cesser", plaidant notamment pour des "campagnes de prévention massives" et pour une meilleure formation des professionnels qui travaillent au contact d'enfants.

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