Les conservateurs allemands choisissent la continuité avec l'ère Merkel

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Election Samedi prochain, le Parti chrétien démocrate va élire son nouveau président, qui sera peut-être le successeur de l'inamovible chancelière.

Samedi, dans son discours lors d'un congrès "virtuel" de la CDU, il a laissé clairement entendre qu'il souhaitait mener le camp conservateur aux élections générales du 26 septembre.

Traditionnellement, le chef de la CDU devient le candidat à la chancellerie allemande pour le parti.

A l'aube de ses 60 ans, ce père de trois enfants, juriste de formation passé par le journalisme, a un second atout de poids: il a su arracher aux socio-démocrates un de leurs bastions régionaux en 2017 et intègre dans son cabinet les différents courants de la CDU.

Friedrich Merz
Friedrich Merz

Cette victoire de Laschet signifie aussi la victoire d'Angela Merkel, comme il y a deux ans, quand Merz avait une fois encore été battu d'un fil par celle qui était présentée comme la dauphine de Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK.

La veille, M. Laschet, qui dirige la Rhénanie du Nord-Westphalie, la région la plus peuplée du pays, avait reçu le soutien à peine voilé de Mme Merkel, prônant la poursuite d'un cap "centriste" et le rejet de la polarisation. Selon le dernier baromètre, vendredi, de la télévision publique ZDF, seulement 28 % des personnes interrogées estiment qu'il a la carrure d'un chancelier. Ils ont fait le choix de la continuité, puisque ce modéré était le candidat d'Angela Merkel. Il est devenu une des personnalités préférées des Allemands en prônant des restrictions strictes face à la pandémie. "C'est trop facile de polariser", a-t-il résumé aux 1001 délégués qui le suivaient en vidéoconférence lors d'un congrès 100 % digital (avec un vote par internet)". "Armin Laschet est bien dans la continuité d'Angela Merkel en plaçant la CDU au centre-droit", a expliqué sur franceinfo Hélène Miard-Delacroix, professeure à Sorbonne-Université, spécialiste de l'Allemagne contemporaine et des relations franco-allemandes. Il pourrait donc envoyer à la bataille Jens Spahn, plus jeune, 40 ans, actuel ministre de la santé très exposé en ce moment en raison de la pandémie de coronavirus. Et d'autres prétendants restent en embuscade, dans une Allemagne frappée de plein fouet par la deuxième vague pandémique. Lui aussi souhaite être candidat à la chancellerie. Peu avant, il avait tweeté une photo de sa nouvelle chienne et salué, dans un message sibyllin, la "relève" à venir.Son omniprésence dans les médias, où il se met en scène comme gestionnaire de crise efficace, "lui ont conféré une aura de sauveur", abonde Der Spiegel.Le chemin vers la chancellerie s'annonce toutefois compliqué.

"Comme la chancelière, Armin Laschet est un rassembleur, un pragmatique et un conciliateur". Et devenir, peut-être, le premier chancelier issu de la CSU.

L'élection du modéré Armin Laschet est un soulagement pour la chancelière et une grande partie de l'Allemagne.

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