Couche-Tard/Carrefour : les discussions sur le rapprochement "interrompues"

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La décision de jeter l'éponge aurait été prise après une rencontre entre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le fondateur de Couche-Tard Alain Bouchard, selon l'agence qui cite des sources proches du dossier.

Discussions sur un rapprochement "interrompues", mais "opportunités de partenariats opérationnels" à l'étude: au lendemain du veto du gouvernement français sur une fusion, le canadien Couche-Tard et le français Carrefour ont réaffirmé samedi leur volonté de travailler ensemble, quoique sous une forme différente. Pour rassurer Bercy, le groupe canadien s'était engagé à investir plusieurs milliards dans Carrefour et à préserver l'emploi en France pendant deux ans.

Pour s'opposer à ce rachat, le gouvernement peut s'appuyer sur la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers, qui lui permet de bloquer des opérations de rachat dans l'industrie agro-alimentaire. "Je préfère ne pas avoir à l'employer", a ajouté Bruno Le Maire, en précisant néanmoins qu'il n'hésiterait pas "s'il le fallait". Le veto exprimé par Bruno Le Maire, vendredi 15 janvier, semble avoir eu l'effet escompté.

Ce vendredi, il a expliqué sa position au fondateur de Couche-Tard, ainsi qu'à son homologue québécois Pierre Fitzgibbon par téléphone, a fait savoir Bercy.

L'argument avait été modérément apprécié du côté du gouvernement fédéral canadien. "Mais on ne peut pas accuser une entreprise canadienne de premier plan comme Couche-Tard de mettre en danger la souveraineté alimentaire de tout un pays".

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La position du gouvernement français avait jeté un froid. "Là, c'est moins compréhensible", estimait aussi jeudi Charles-Henri d'Auvigny, président de la Fédération des investisseurs individuels et des clubs (F2IC). A fortiori concernant un groupe qui est le "premier employeur privé" dans l'Hexagone.

Cependant, Carrefour et Couche-Tard ne vont pas stopper toutes discussions.

Pas de quoi convaincre le gouvernement, donc, ni les organisations syndicales du groupe Carrefour, qui ont pour leur part estimé que "les conséquences, notamment sociales, d'une telle opération pourraient être désastreuses pour les salariés", selon les termes de FO (premier syndicat du groupe).

"Construire des partenariats innovants est un point clef de la stratégie de transformation de Carrefour", souligne le PDG de ce groupe, Alexandre Bompard, dans le communiqué. "Mais c'est un niveau plus élevé qu'avant l'intérêt de Couche-Tard, qui témoigne d'un distributeur devenu "(re) désirable", analysait vendredi sur son blog le spécialiste de la distribution française Olivier Dauvers.

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