Bordeaux : 4 000 personnes manifestent contre la loi Sécurité globale

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Nombre de "teufeurs" se sont glissés parmi les manifestants pour protester.

Un texte qui, pour rappel, a déjà été voté en première lecture à l'Assemblée nationale. "Mais là, on sent qu'il y a un tour de vis sécuritaire, et plutôt que d'essayer d'arranger les choses, on préfère se cacher, se mettre un bandeau sur les yeux, pour pas qu'on ait le droit de rapporter ce qu'il se passe".

Le collectif, qui demande à être reçu par le président Emmanuel Macron, cible également les articles 21 et 22 sur l'usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l'ordre, et du "nouveau schéma national du maintien de l'ordre" (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l'ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations. Près de 80 rassemblements ont ainsi été recencés dans l'Hexagone. Ils étaient nombreux notamment au départ de la manifestation de Nantes derrière des banderoles comme "nous sommes tous des organisateurs de raves" ou "L'Etat assassine: vies, cultures, libertés". Dans le cortège, Lucile Fremaux, surveillante en lycée, juge qu'"avec l'environnement qui est hyper anxiogène et les lois que nous sort le gouvernement, ça devient invivable ". Les manifestants ont arrosé les policiers de boules de neige, ces derniers répliquant. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a par ailleurs fait état de "75 personnes interpellées dont 24 à Paris" et "12 policiers et gendarmes blessés".

Ainsi, à Paris, "une rave-party non déclarée à proximité de la manifestation", d'après la Préfecture de Police, a été empêchée par les forces de l'ordre. Ils font front commun "pour le droit à la culture" et contre la "répression disproportionnée" après la rave party de Lieuron, en Ille-et-Vilaine, qui a réuni 2.400 personnes au Nouvel an. Parallèlement, une enquête a été ouverte pour trouble à la tranquillité d'autrui par agression sonore. D'après les informations recueillies par nos confrères de franceinfo, les organisateurs ont été verbalisés et le matériel de sonorisation confisqué.

La proposition de loi a été vivement critiquée en France par la Défenseure des droits et la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, et à l'étranger par des rapporteurs spéciaux des Nations unies et la commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. A Bordeaux, une vingtaine d'organisations - dont la Ligue des droits de l'Homme, la CGT, les syndicats de journalistes, le Club de la presse, Greenpeace, Extinction Rebellion... - appellent à marcher pour la démocratie et les libertés.

Malgré la pluie neigeuse qui s'est abattue sur la capitale, des milliers d'opposants à la proposition de loi "sécurité globale", qui pénalise notamment la diffusion malveillante d'images de policiers, se sont à nouveau rassemblés samedi à Paris, ainsi que dans plusieurs villes du pays, pour manifester contre le texte. La plus importante, le 28 novembre, a rassemblé 500.000 personnes dans le pays selon la coordination, 133.000 selon le gouvernement.

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