Karabakh: la capitale Stepanakert touchée par des "dizaines de missiles"

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Cette annonce intervient peu après des rencontres séparées à Genève de ces responsables avec les co-présidents du groupe de Minsk de l'OSCE (Russie, France, États-Unis), principal médiateur international dans le conflit au Nagorny Karabakh, région sécessionniste azerbaïdjanaise peuplée aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens et dont Bakou veut reprendre le contrôle.

Erevan a immédiatement démenti avoir mené cette attaque, la deuxième en deux jours ayant tué des civils dans la région de Barda, accusant à l'inverse les forces azerbaïdjanaises d'avoir elles bombardé des zones habitées au Nagorny Karabakh.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a indiqué cette semaine ne pas s'opposer à une nouvelle cession de pourparlers à Genève, mais a semblé minimiser leur importance.

Selon le bureau du Procureur général azerbaïdjanais, cette frappe a visé un quartier commerçant et peuplé, tuant 21 civils et en blessant au moins 70.

L'Arménie assure en revanche que les forces de Bakou ont bombardé les villes de Martouni et Choucha, au Nagorny Karabakh, tuant un civil et en blessant deux autres.

Ces pertes sont les pires pour des civils côté azerbaïdjanais depuis la mort de 13 personnes dans des bombardements le 17 octobre sur Gandja, la deuxième ville du pays.

La porte-parole du ministère arménien de la Défense, Shushan Stepanian, a qualifié les allégations de coups de Barda de "sans fondement et fausses".

Les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ont rencontré vendredi à Genève des médiateurs internationaux dans le cadre des efforts diplomatiques, pour l'instant vains, destinés à mettre fin au conflit du Haut-Karabakh, qui a fait plusieurs centaines de morts depuis la reprise des combats le 27 septembre. Les armées azerbaïdjanaise et arménienne ont indiqué hier que les combats se poursuivaient le long de la ligne de front, les deux camps affirmant contrôler la situation.

L'indépendance du Nagorny Karabakh, soutenu économiquement et militairement par Erevan, n'a pas été reconnue par la communauté internationale, ni même par l'Arménie.

Ces deux attaques et ces accusations mutuelles interviennent deux jours après l'échec d'un cessez-le-feu signé sous l'égide des Etats-Unis, censé être effectif lundi mais rompu quasiment dès son entrée en vigueur.

Lundi, les autorités arméniennes ont reconnu avoir perdu le contrôle de la ville stratégique de Goubadly, dans le sud du Nagorny Karabakh, alors que les forces azerbaïdjanaises se rapprochent dangereusement d'une route vitale reliant l'Arménie et la région sécessionniste.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré la semaine dernière que, selon les informations de Moscou, le bilan des combats était de près de 5 000 morts, bien plus élevé que ce que les deux parties rapportent.

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