Erdogan appelle au boycott des produits français, soutiens en Europe pour Macron

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"Surtout ne prêtez pas attention aux marques français, ne les achetez pas", a affirmé le président de la Turquie.

Le président turc a appellé lundi l'UE à stopper "la campagne de haine de Macron" contre les musulmans, allant jusqu'à comparer le sort de ces derniers en Europe à celui des juifs avant la Deuxième guerre mondiale. Depuis les condamnations émanant d'entités comme la Conférence islamique mondiale, le Conseil de coopération du Golfe ou d'États comme le Pakistan, l'Iran, le Koweït ou le Maroc - qui protestent contre des " provocations injurieuses contre le Prophète " - jusqu'aux protestations plus ou moins spontanées d'organisations ou de particuliers appelant dans de nombreux pays arabes au boycott des produits français, les exemples ne manquent pas.

Interrogé sur la radio RMC, le patron des patrons a lancé un "appel aux entreprises à résister au chantage et malheureusement à subir ce boycott" des produits français.

"Les propos adressés par le président Erdogan au président Macron sont inacceptables", a écrit M. Conte en français sur son compte Twitter. Attaque répétée une seconde fois durant le week-end dernier.

Face au barrage de critiques turques, le président français a enregistré une série de soutiens en Europe.

En fin d'après-midi samedi, l'Elysée a réagi en fustigeant les paroles du président turc: "Les propos du président Erdogan sont inacceptables".

Emmanuel Macron a tweeté dimanche: "La liberté, nous la chérissons; l'égalité, nous la garantissons; la fraternité, nous la vivons avec intensité". En Jordanie, des vidéos sur les réseaux sociaux montraient des rayons de supermarchés vidés de leurs produits français, ou remplacés par ceux d'autres pays.

Des dizaines de petits sites internet français ont par ailleurs été touchés par une vague de piratages informatiques consistant à leur faire afficher des messages de propagande islamiste, a constaté lundi l'AFP.

En direction du marché turc, ce sont 6 milliards d'euros de biens français qui ont été exportés en 2018, secteurs des matériels de transport et des produits chimiques, parfums et cosmétiques en tête.

La ministre déléguée en charge de l'Industrie, Agnès Panier-Runacher, a jugé lundi ce boycott " plus symbolique qu'économique", ajoutant, lors d'une émission du média Le Figaro, qu'il n'aurait pas " réellement à moyen terme un impact ".

La veille, le ministère des Affaires étrangères français a déclaré que "les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale".

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