Aéroports de Paris : pas de référendum, mais un report de la privatisation

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Au cours des neuf derniers mois, il aurait fallu réunir 4,7 millions de signatures (10 % du corps électoral) pour forcer le gouvernement à consulter la population.

Faute de soutiens suffisants, le référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris n'aura pas lieu.

Contacté, un porte-parole d'ADP n'a souhaité faire aucun commentaire à ce stade.

Le précédent pointage du 4 mars faisait état d'un chiffre supérieur, 1 116 000 signatures, mais il ne prenait en compte que les soutiens déposés et non validés, a précisé le Conseil constitutionnel.

Ajoutant lors de la même conférence de presse: "De toute façon, nous serions un bien mauvais gestionnaire si nous faisions le choix immédiat de céder les actifs et nos participations dans ADP".

Pour le gouvernement, la voie était pourtant juridiquement libre pour procéder à la cession de tout ou partie des actifs qu'il détient dans ADP, soit 50,63 % des parts. Or, comme le rappelle Marianne, "les recettes sont censées alimenter un fonds pour l'innovation". Mais en tout état de cause, l'instabilité actuelle des marchés montre que les conditions de marché ne sont pas du tout favorables pour le moment à une quelconque opération de privatisation, en particulier pour ce qui concerne ADP. Pour autant des députés des différents groupes d'opposition, interrogés par l'AFP, ont tous salué cette mobilisation.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait déjà indiqué lundi qu'il concentrait ses forces "totalement sur la réponse à l'épidémie du cornonavirus qui impacte lourdement l'économie française" et n'avait "pas l'habitude de faire deux choses à la fois".

"Je souhaite bonne chance au gouvernement, en plein coronavirus, réforme des retraites et municipales, de dire aux Français qu'il est prêt de sacrifier la poule aux oeufs d'or du budget de la France", s'était amusé de son côté le sénateur socialiste Patrick Kanner, avant les déclarations de Sibeth Ndiaye. Cette procédure, introduite dans la Constitution en 2008 par Nicolas Sarkozy, n'avait jamais été utilisée compte-tenu de la complexité de sa mise en œuvre.

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