Espionnage numérique. WhatsApp poursuit en justice une entreprise israélienne

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La messagerie WhatsApp passe à l'offensive.

WhatsApp a poursuivi la société de surveillance israélienne NSO Group, accusée d'avoir aidé des espions de divers gouvernements à entrer dans les téléphones d'environ 1 400 utilisateurs dispersés sur quatre continents. Il accuse directement l'entreprise NSO d'être en lien avec les pirates qui ont émis des appels infectés sur WhatsApp, dans le but d'espionner les personnes recevant ces faux coups de fil.

"Au fur et à mesure que nous avons collecté des informations, nous avons appris que les agresseurs avaient utilisé des serveurs et des services d'hébergement internet liés précédemment à NSO. Leur attaque était ultra sophistiquée, mais ils n'ont pas entièrement réussi à effacer leurs traces", précise Will Cathcart, le patron de WhatsApp à nos confrères du Whashington Post.

Les pirates informatiques avaient exploité une faille de sécurité en insérant un logiciel malveillant dans des téléphones, simplement en appelant les usagers de l'application, utilisée par 1,5 milliard de personnes dans le monde. "Nous nions les accusations le plus fermement possible et allons les contester juridiquement", affirme l'entreprise. "NSO n'offre ses technologies qu'à des agences de renseignement et chargées de l'application de la loi elles-mêmes placées sous la responsabilité de gouvernements approuvés".

Il a notamment accusé NSO d'avoir ciblé "100 défenseurs des droits de l'homme, journalistes et autres membres de la société civile dans le monde". Elle tente d'y expliquer que les plateformes de messagerie chiffrée sont "souvent utilisées par les réseaux pédophiles, les barons de la drogue et les terroristes pour protéger leur activité criminelle ". "Nous agissons si nous détectons toute mauvaise utilisation ".

En dehors des Etats touchés, la faille de mai dernier avait impacté également des personnalités connues de la télévision, des femmes célèbres ayant fait l'objet de campagnes de haine en ligne et des personnes qui ont été victimes de "tentatives d'assassinat et de menaces de violence", selon les recherches menées par Whatsapp et Citizen Lab.

D'après Scott Watnik, président du cabinet d'avocats spécialisé dans la cybersécurité Wilk Auslander, interrogé par nos confrères de Reuters, cette plainte pourrait créer un précédent judiciaire.

WhatsApp demande à la justice américaine d'interdire à NSO l'accès à ses services et à ceux de Facebook, et réclame des indemnités dont le montant n'a pas été dévoilé.

Le logiciel de piratage téléphonique de l'israélien a déjà été impliqué dans une série de violations des droits humains en Amérique latine et au Moyen-Orient.

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