Emmanuel Macron annonce le retour d'un ambassadeur français au Rwanda

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Le discours tenu par Emmanuel Macron au mémorial du génocide de 1994 à Kigali était un acte d'"immense courage" qui a "plus de valeur que des excuses", a estimé le Président rwandais Paul Kagame lors de la conférence de presse commune.

"Nous partageons la formulation du président français" quand il dit notamment qu'"en ignorant les alertes des plus lucides observateurs la France endossait alors une responsabilité accablante" dans le génocide, ont écrit sur Facebook Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'Elysée, et le député LFI Bastien Lachaud, qui demandent en outre que "les responsables notoires du génocide des tutsis qui vivent encore en France soient jugés pour leurs crimes" et une "prolongation de l'enquête sur les criminels qui ont abattu l'avion" transportant les deux anciens présidents du Rwanda Juvénal Habyarimana et du Burundi Cyprien Ntaryamira.

"En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître l'ampleur de nos responsabilités", a déclaré Emmanuel Macron. Selon elle, la France est "respectée quand elle se grandit, pas quand elle s'abaisse", pas "quand elle se flagelle pour des fautes qui ne sont pas les siennes".

"Seul celui qui a traversé la nuit peut la raconter".

Le président français a indiqué qu' "en voulant faire obstacle à un conflit régional ou une guerre civile, elle restait de fait aux côtés d'un régime génocidaire".

"La France n'a pas été complice", a néanmoins insisté le chef de l'Etat".

Le président rwandais Paul Kagamé, à l'époque chef de la rébellion tutsie qui mit fin au génocide en prenant le pouvoir à Kigali, a accusé par le passé l'armée française intervenue sous l'égide de l'Onu d'avoir laissé les massacres se poursuivre et protégé les tueurs hutus lors de leur fuite au Zaïre. "Le sang qui a coulé n'a pas déshonoré ses armes ni les mains de ses soldats qui ont eux aussi vu de leurs yeux l'innommable, pansé des blessures, et étouffé leurs larmes".

En ouverture, le président Kagame a salué le "discours puissant, avec une signification particulière", de son homologue. "Je ne dis pas que je suis d'accord avec chaque ligne mais c'est plutôt bien de sa part de ne pas reprendre la surenchère des attaques", a-t-il dit.

Dans un discours prononcé ce 27 mai depuis le Mémorial de Gisozi à Kigali, où reposent plus de 250 000 âmes, Emmanuel Macron a reconnu les "responsabilités " de la France, tout en affirmant qu'elle n'avait "pas été complice " du génocide de 1994.

"On s'attendait à ce qu'il présente clairement des excuses au nom de l'Etat français".

Rompues en 2006, les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rétablies trois ans plus tard.

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