Un militaire d'extrême droite jugé très dangereux en fuite — Belgique

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Un militaire d'extrême droite, probablement en possession d'armes à feu, restait toujours introuvable jeudi en Belgique, un cas de radicalisation au sein de l'armée qui suscite des interrogations sur un défaut de surveillance. De son côté, le parquet fédéral ne fait aucun commentaire. Depuis mardi soir, des centaines de policiers et de militaires ont fouillé de grandes zones du parc national de Haute Campine, sans succès.

Soupçonné de vouloir s'en prendre à l'Etat en Belgique et à un virologue connu, Jurgen Conings, 46 ans est activement recherché par les forces de l'ordre, relate Le Figaro.

Toutefois, le Premier ministre, Alexander De Croo, a précisé que l'homme était par ailleurs fiché par l'Ocam, l'organisme belge d'analyse de la menace terroriste, depuis trois mois.

Afin de renforcer les 250 policiers et 150 militaires belges sur place, les pays voisins ont été sollicités pour fournir des policiers.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur fédéral a précisé à la presse française, que Berlin a approuvé cette demande de soutien, et des policiers allemands sont actuellement en Belgique.

D'après des lettres retrouvées par les enquêteurs, cet homme fiché comme étant un sympathisant de l'extrême droite semble déterminé à s'en prendre à des représentants de l'État et à des virologues. Le cabinet n'a pas confirmé qu'il s'agissait du virologue Marc Van Ranst, comme l'a indiqué une source à la chaîne publique flamande. Le parc national des Hoge Kempen étant proche de la frontière néerlandaise, il n'est pas impossible que Jürgen Conings tente de se rendre aux Pays-Bas. Devenu la bête noire des "anti-masque" et autres opposants aux restrictions de rassemblements, ce scientifique de 55 ans est également coutumier des prises de position contre le racisme et la xénophobie et va régulièrement au clash sur les réseaux sociaux avec l'extrême droite flamande.

Ce militaire aguerri, déjà parti en mission notamment au Kosovo, en Irak et en Afghanistan selon les médias flamands, compte parmi la "trentaine" de membres de l'armée belge surveillés par les services du renseignement militaire pour leurs "sympathies" avec l'extrême droite.

"Il n'y a pas de place à la Défense pour des extrémistes ou des fascistes", a lancé devant le Parlement Ludivine Dedonder, tandis qu'Alexander De Croo a réaffirmé qu'"appeler à la haine et à la violence, c'est inacceptable, qu'il s'agisse de virologues, de scientifiques, d'adversaires politiques. C'est punissable par la loi", a aussi dit le premier ministre.

En 2020 le militaire avait été sanctionné par sa hiérarchie en raison de son profil radicalisé et de menaces et propos racistes diffusés sur Facebook. Selon ses dires, une plainte a été déposée par l'état-major concernant ce fait, mais elle a été classée sans suite. Mais cela ne l'empêchait donc pas d'avoir accès à des armes lourdes grâce à son travail. Les recherches ont nécessité la fermeture d'une portion de l'autoroute E314, à hauteur de Maasmechelen en direction de Genk, un axe qui borde le parc national.

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