Vers une suspension des vols avec l'Inde — France

Share

Parmi les pays les plus peuplés au monde, avec près d'1,39 milliard d'habitants, l'Inde est frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, avec plus de 15,3 millions de cas et 181.000 morts.

Médecin biologiste à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, Marie-Laure Chaix répète qu'aucune propriété du variant B.1.617 n'a pour le moment été "prouvée scientifiquement ": "C'est simplement des analogies faites avec d'autres variants à partir de ces deux mutations communes, on extrapole".

En France, le variant indien ne justifie pas encore de restrictions supplémentaires.

Tandis que la suspension des vols entre le Brésil et la France vient d'être prolongée jusqu'au 24 avril et qu'une quarantaine obligatoire de dix jours va progressivement être mise en place pour les voyageurs en provenance d'Afrique du Sud, les liaisons aériennes entre l'Inde et la France sont soumises aux mêmes réglementations que la plupart des autres pays hors UE. "Il a en particulier deux mutations, apparues sur la protéine Spike". Le sentiment général est que les symptômes ne sont pas pires avec ce variant que les autres souches. Il n'y pas d'éléments tangibles non plus pour affirmer que ce variant est indétectable lors des tests PCR.

En cause, une épidémie de coronavirus qui semble désormais incontrôlable dans le pays, avec plus de 295 000 contaminations pour la seule journée du 20 avril. La croissance exponentielle du nombre de cas quotidiens en Inde est cependant très préoccupante, surtout que les soins sont loin d'être aussi développés qu'en Ontario et que les conditions de vie y compliquent infiniment plus le respect des règles sanitaires. Ils craignent ainsi que ce variant entraîne une certaine évasion immunitaire, c'est-à-dire qu'il puisse ne pas être reconnu par le système immunitaire des gens qui ont déjà été infectés par la souche précédente. Ce variant résulte en fait d'une rencontre entre la souche californienne, L452R, et de la mutation sud-africaine, E484K. Le Royaume-Uni a, par exemple, interdit aux voyageurs en provenance d'Inde de pénétrer sur son sol.

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé s'est mal exprimé lorsqu'il a affirmé au Téléjournal qu'il n'y avait pas de vaccin contre le variant B.1.617.

Doit-on craindre pour l'efficacité des vaccins face à ces nouveaux variants? Quand bien même ils n'empêcheraient pas toutes les infections, on pense qu'ils ont de bonnes chances de continuer à protéger largement contre les formes graves de la COVID-19, qui conduisent à des hospitalisations et à des décès. "Pour l'instant, on n'a aucun élément pour dire que le variant indien passe à travers les mailles du filet", assure M. Mishra auprès du journal Le Monde. Cela n'indique pas que ce dernier est inefficace contre ce variant. Le variant indien suscite l'inquiétude des scientifiques et est au coeur de toutes les attentions.

Est-ce que ce variant indien a été repéré en dehors de l'Inde? Les variants peuvent émerger n'importe où et n'importe quand sur la planète, et d'autant plus que le virus circule. Cette solution pourrait, au mieux, abaisser les risques de manière temporaire, puisque ce virus circule dans au moins 22 pays.

" Il est vraisemblable que cette dégradation de la situation sanitaire soit au moins en grande partie due aux nombreux grands rassemblements qui ont eu lieu récemment partout dans le pays et à une faible adoption des mesures de prévention par la population générale ", ajoute-t-elle.

À l'image des autres variants, les niveaux de transmission sont souvent plus rapides pour ces virus mutants.

Share