Russie: les pro-Navalny peinent à défier Poutine dans la rue

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Des milliers de personnes ont défié l'interdiction de se rassembler, en particulier à Moscou et à Saint-Pétersbourg où des foules importantes se sont réunies, sans pour autant atteindre l'ampleur de la mobilisation du début d'année, après l'arrestation de M. Navalny.

La ligne rouge sera définie par la Russie dans chacun des dossiers, a-t-il ajouté, en point d'orgue d'un discours de 78 minutes dominé par la réponse de Moscou à la crise sanitaire due au nouveau coronavirus et aux difficultés économiques qui en ont résulté.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a évoqué la "responsabilité majeure" de Vladimir Poutine et Washington a mis en garde le Kremlin contre des "conséquences si Alexeï Navalny mourait".

La Russie, du fait du conflit en Ukraine, de la répression de l'opposition, d'accusations de cyberattaques et d'ingérences est sous le coup de multiples sanctions occidentales.

L'opposant russe, qui refuse de s'alimenter depuis trois semaines pour dénoncer ses conditions de détention, a été transféré lundi vers un hôpital pour prisonniers.

Les Occidentaux réclament sa libération et la vérité sur son empoisonnement en août 2020 et dans lequel les services secrets seraient impliqués. Aujourd'hui, il rappelle que sa vie est toujours en danger.

Malgré l'interdit, des manifestations ont eu lieu dans des dizaines de villes russes mercredi.

A Moscou, elles ont pu, sous le regard de centaines de policiers casqués, défiler près du Kremlin et du siège des services de sécurité (FSB) sans que les forces antiémeutes interviennent.

Les protestataires interrogés par l'AFP balançaient entre la détermination et une certaine déception de ne pas être plus nombreux.

"C'est un combat pour l'avenir", estimait pour sa part Andreï Zamiatine, un entrepreneur de 51 ans: "Navalny veut changer le système et il est puni pour cela".

La police russe a interpellé au moins 1784 personnes lors de rassemblements de soutien à l'opposant emprisonné Alexeï Navalny à travers la Russie, a indiqué jeudi l'ONG spécialisée OVD-Info. La semaine prochaine, un tribunal moscovite doit commencer l'examen d'une demande du Parquet visant à classer comme "extrémistes" les organisations liées à l'opposant, ce qui exposerait tous leurs militants à de longues peines de prison.

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