"Panne de courant" suspecte dans une installation nucléaire — Iran

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La communauté internationale connaît un regain de tensions sur le sujet du nucléaire iranien.

M. Khatibzadeh a accusé indirectement Israël de saborder les discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir Washington à l'accord international de 2015 et de lever les sanctions américaines contre Téhéran.

Elle montre aussi "la défaite des opposants au progrès industriel et politique du pays dans le but d'empêcher un développement éclatant de l'industrie nucléaire", a-t-il soutenu.

Plus tôt, le porte-parole de l'OIEA avait déclaré à la télévision d'Etat qu'un "accident" d'origine inconnue "dans une partie du circuit électrique de l'usine d'enrichissement à Chahid-Ahmadi-Rochan" avait provoqué "une panne de courant".

"Heureusement, nous n'avons eu ni mort, ni blessé, ni pollution". Un membre de la Commission de l'énergie du parlement iranien, Malek Shariati Niasar, a également qualifié l'incident de "très suspect" et a déclaré qu'il avait supposé qu'il pourrait s'agir de "sabotage et infiltration", car il a eu lieu autour de la Journée nationale de la technologie nucléaire.

"On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz (est) le résultat d'une cyber-opération israélienne", a tweeté Amichai Stein, un journaliste de la radiotélévision publique israélienne.

En juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz a été gravement endommagée par une mystérieuse explosion, un "sabotage" d'origine "terroriste", selon Téhéran. "Nous allons travailler de concert avec notre allié américain afin de nous assurer que tout accord avec l'Iran protégera les intérêts vitaux du monde et des Etats-Unis, en évitant une dangereuse course à l'armement dans notre région, et protégera l'Etat d'Israël", a affirmé le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz, à la fin de leur entretien, selon un communiqué de son bureau.

C'est dans cette même usine, au sein du complexe nucléaire de Natanz, l'un des centres névralgiques du programme atomique de la République islamique, que Téhéran a mis en service ou commencé à tester samedi de nouvelles cascades de centrifugeuses.

Les centrifugeuses visées par ce sabotage permettraient d'enrichir de plus grandes quantités d'uranium à des niveaux de raffinement interdits par les accords de Vienne de 2015 qui encadrent le programme nucléaire iranien. Les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont dénoncé unilatéralement en 2018 l'accord international de 2015, rétablissant les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte. En riposte, l'Iran s'est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu'il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans la République islamique une menace existentielle contre son pays, accuse Téhéran de chercher à se doter en secret de l'arme atomique.

"Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (.) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne. "La situation d'aujourd'hui ne sera pas nécessairement la situation de demain".

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, est arrivé dimanche en Israël pour discuter du dossier du nucléaire iranien, première visite d'un haut responsable de l'administration du président Joe Biden dans l'État hébreu.

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