Incident au site atomique iranien de Natanz : Téhéran évoque "le terrorisme antinucléaire"

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Les services secrets israéliens ont accusé lundi 12 avril l'Iran de créer de faux comptes féminins sur Instagram pour appâter et kidnapper des ressortissants de l'État hébreu, après que Téhéran a promis de riposter à une attaque contre son complexe nucléaire de Natanz qu'il impute à Israël.

Plus tôt dimanche, le porte-parole de l'OIEA, Behrouz Kamalvandi avait annoncé qu'une " panne de courant " s'était produite dans la matinée dans l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, l'un des principaux centres du programme nucléaire de la République islamique, où avaient été lancées la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Selon le chef de l'Organisation nationale de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, à la télévision publique, il s'agit d'acte de "terrorisme nucléaire" et l'Iran se réserve le droit de "prendre des mesures" contre ceux qui sont à l'origine de l'incident de la centrale nucléaire de la République islamique à Natanz.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, avait lui déclaré lundi matin que ce qu'il avait qualifié d'acte de "terrorisme" israélien aurait endommagé un certain nombre de centrifugeuses dites de première génération. "Il faut inspecter chacune des centrifugeuses pour donner un bilan des dégâts".

"Cette action reflète (...) l'échec des opposants aux négociations (...) pour lever les sanctions cruelles" des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, a-t-il ajouté, en référence aux négociations en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les Américains dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018.

"Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions", aurait-il déclaré de même source lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz.

L'accord de Vienne est moribond depuis le retrait américain en 2018, sous la présidence de Donald Trump, qui a rétabli une avalanche de sanctions économiques et financières contre Téhéran.

Des représentants des signataires de l'entente sur le nucléaire iranien sont assis autour d'une table de conférence

" Nous allons travailler de concert avec notre allié américain afin de nous assurer que tout accord avec l'Iran protégera les intérêts vitaux du monde et des États-Unis, en évitant une dangereuse course à l'armement dans notre région, et protégera l'État d'Israël", a affirmé M. Gantz à la fin de leur entretien, selon un communiqué de son bureau.

L'administration de Joe Biden travaille à réintégrer l'accord depuis son arrivée au pouvoir, en janvier dernier.

Début juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. En riposte, l'Iran s'est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu'il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, et M. Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement "pacifiques".

"Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (.) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne. Les autorités ont conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

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