Sa condamnation confirmée, Alexei Navalny désormais menacé de camp de travail

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Il s'agit de la première longue peine de M. Navalny confirmée en appel en près d'une décennie de démêlés avec les autorités. L'opposant avait été condamné quelques heures plus tôt à deux ans et demi de prison dans une autre affaire. Samedi, le juge du tribunal de la ville de Moscou n'a que légèrement réduit sa peine à un peu plus de 2 ans et demi de prison, déclarant qu'un mois et demi que Navalny avait passé en résidence surveillée au début de 2015 sera déduit de sa peine. La Lettonie et les deux autres pays baltes, l'Estonie et la Lituanie, autrefois gouvernés par Moscou, tous aujourd'hui membres de l'UE et de la zone euro, ont vivement critiqué la détention de M. Navalny et la répression des manifestations en Russie.

Héritage de l'Union soviétique, la plupart des peines d'emprisonnement en Russie sont effectuées dans des camps pénitentiaires situés parfois loin de tout.

Lors de sa première audience de la journée, le visage souriant, l'opposant a rejeté l'accusation en disant n'avoir jamais voulu se dérober aux autorités russes en allant en Allemagne, et les avoir averties de son retour. Le procureur a rétorqué en affirmant que l'opposant avait "ouvertement et effrontément" défié la loi et qu'il souhaite qu'on lui reconnaisse un droit d'autorisation "exclusif".

Un tribunal russe a reconnu le principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny, coupable de "diffamation" envers un vétéran de la Deuxième guerre mondiale. Le travail des détenus, habituellement dans des ateliers de couture ou de fabrication de meubles, y est obligatoire.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a soutenu pour sa part que cette sentence n'allait pas changer le paysage politique riche et pluraliste de la Russie en amont des élections législatives de septembre. Le Parquet a requis dans ce dossier 950'000 roubles d'amende (11'500 francs environ) et réclamé qu'une peine avec sursis de l'opposant soit converti en prison ferme.

Vous humiliez et insultez les vétérans en utilisant celui-ci comme une marionnette, a dénoncé M. Navalny.

Ce jugement intervient alors que la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a demandé cette semaine la libération du militant russe anticorruption de 44 ans, arguant d'un risque pour la vie de cet opposant qui a survécu in extremis à un empoisonnement l'année dernière. Par Reuters, Le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkevics, a déclaré que le Conseil de l'Europe pourrait bientôt imposer des sanctions à la Russie si Navalny n'était pas libéré, et le Fois note que Moscou, qui a rejoint le Conseil des droits de l'homme en 1996, pourrait se retirer ou faire face à l'expulsion. Selon l'opposant, le Kremlin veut le jeter en prison pour le faire taire - avec des procédures qu'il estime montées de toutes pièces.

L'Union européenne et les États-Unis ont multiplié les appels à le libérer, tandis que ses collaborateurs ont exhorté les Occidentaux à sanctionner des responsables russes et proches de Vladimir Poutine.

Moscou y voit une "ingérence" dans ses affaires et a menacé les Européens de représailles.

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