Coronavirus : l'institut Pasteur et le laboratoire Merck abandonnent leur projet de vaccin

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Le projet en cours avec Pasteur utilisait comme base le vaccin contre la rougeole, adapté pour combattre la Covid-19. Les premiers essais sont moins efficaces qu'espérés. Pasteur a précisé qu'il poursuivait ses travaux sur d'autres projets de vaccin contre le coronavirus, mais qu'ils en étaient encore au stade préliminaire.

L'Institut Pasteur a annoncé, lundi 25 janvier, avoir arrêté le développement de son principal candidat vaccin anti-Covid-19, basé sur le virus du vaccin contre la rougeole, en raison d'une efficacité jugée moins importante que prévu. Plus faibles également que les réponses immunitaires apportées par les vaccins autorisés sur le marché, précise le communiqué. Les premiers résultats des essais cliniques sur celui baptisé MK-7110 montrent une réduction de plus de 50% de risque de décès ou d'insuffisance respiratoire chez les patients hospitalisés avec des formes modérées à sévères du Covid-19, affirme la société.

"Ce n'est pas ce qu'on avait observé sur les modèles animaux, ou l'immunogénicité était bonne, en particulier chez la souris".

Pour le concevoir et le distribuer, l'institut de recherche français s'était allié au laboratoire pharmaceutique MSD (nom du groupe américain Merck hors des Etats-Unis et du Canada).

Toutefois, "l'Institut Pasteur poursuivra le développement d'autres candidats vaccins arrivés en fin de phase préclinique, et maintient sa forte mobilisation scientifique pour lutter contre l'épidémie de Covid-19" explique le communiqué.

Par ailleurs, l'institut Pasteur de France travaille sur deux autres vaccins, un premier administrable par voie nasale, et a été développé avec la société de biotechnologie Theravectys (spécialisée dans la mise au point de vaccins), tandis que le second est un candidat vaccin à ADN. "C'est une triste nouvelle pour les équipes qui se sont impliquées ces douze derniers mois dans le développement de ce candidat vaccin".

Ces deux projets "sont aujourd'hui en phase préclinique", c'est-à-dire qu'aucun essai n'a encore été mené sur des humains. Cette annonce de l'Institut Pasteur est un gros coup dur pour la recherche française après l'annonce d'un autre acteur, Sanofi, qui annonçait courant décembre, que son vaccin ne serait prêt que pour la fin 2021.

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