Un carnage évité — Thalys

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Le procès se tiendra jusqu'au 17 décembre. Et un probable carnage évité par l'intervention de passagers qui ont maîtrisé le tireur.

Ce lundi 16 novembre s'ouvre le procès de quatre personnes impliquées dans l'attentat déjoué du Thalys, en 2015. "Pourquoi aviez-vous menti?", demande plusieurs fois le président. "Oui, l'ensemble ", répond Ayoub El Khazzani, Marocain de 31 ans, chemise en jean bleue ouverte sur un tee-shirt blanc, cheveux noirs attachés en petit chignon. Il décline son identité, dans un français un peu hésitant, et son ancienne profession: "pâtisserie". A ses côtés, Bilal Chatra, qui avait joué le rôle d'éclaireur sur la route des migrants entre la Turquie et l'Allemagne, Redouane El Amrani Ezzerrifi, et Mohamed Bakkali, le logisticien présumé des sanglants attentats du 13 novembre 2015 en région parisienne.

Il s'agit de l'un des rares procès pour terrorisme ces dernières années où le tireur comparaît dans le box des accusés. Ce dernier était arrivé avec Ayoub El Khazzani en Europe depuis la Turquie. Aux enquêteurs, il avait expliqué que ses cibles désignées étaient les Américains uniquement, assurant qu'il savait qu'ils étaient militaires malgré leur tenue de vacanciers.

Parvenant à sortir un pistolet, l'assaillant lui tire dans le dos et récupère son fusil d'assaut. Il a maintes fois nié les accusations portées à son encontre.

Devant les toilettes, deux passagers attendent. "Il avait l'air en transe", dira un passager qui attendait devant la porte.

Devant la cour, Sarah Mauger-Poliak a insisté pour que le réalisateur soit entendu par visioconférence, rappelant que les trois Américains, dont deux ex-militaires, n'avaient pas participé à la reconstitution des faits qu'elle avait finalement obtenu, à la fin de l'enquête. Ils se jettent sur lui, le désarment et le maîtrisent avec l'aide d'autres passagers. Le train est arrêté en gare d'Arras et l'auteur de l'attaque interpellé. À bord du Thalys Amsterdam-Paris, El Khazzani était sorti des toilettes, torse nu, kalachnikov en bandoulière.

Pour l'accusation, il est clair qu'un massacre a été évité car la tentative d'el-Khazzani fait partie, selon les enqueteurs, d'une série d'attentats pilotés par Abelhamid Abaaoud : l'attaque avortée contre une église perpétrée en avril 2015 par Sid-Ahmed Ghlam, récemment condamné à la perpétuité, celle du Thalys donc, puis celles du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles. Un argument jugé peu sérieux, d'autant que la présence des Américains dans ce train était impossible à anticiper.

Mark Moogalian, le professeur franco-américain blessé par balles, est lui présent dans la salle avec sa femme. Après en avoir délibéré, la cour a tranché et décidé de passer outre, étant donné que Clint Eastwood n'avait pas été "un témoin direct" et que les Américains seront "parfaitement capables d'expliquer le déroulement des faits" lors de leur audition, prévue à partir de jeudi.

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