Le commissaire à l'Economie appelle les 27 à débloquer le budget européen

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La réunion, qui réunit à partir de 18 heures les chefs d'Etat et de gouvernement européens, devait être principalement consacrée à la gestion de l'épidémie de Covid-19, avec l'objectif de se coordonner "pour éviter une troisième vague" début 2021.

Depuis 2015, la Hongrie s'oppose à toute disposition rendant obligatoire l'accueil et la répartition des réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, malgré la suprématie du droit communautaire, qu'elle a acceptée en intégrant l'Union européenne (UE) en 2004.

La Hongrie et la Pologne ont mis leur veto pour s'opposer à la mise en place d'un mécanisme permettant de priver de fonds européens les pays accusés de violer l'Etat de droit (indépendance de la justice, respect des droits fondamentaux).

Ce coup d'arrêt sera peut-être vite contourné - c'est en tout cas l'impression que l'Allemagne, qui assume la présidence tournante de l'UE, veut donner.

Mais si le sujet sera abordé, tout comme les négociations post-Brexit, la paralysie du budget de l'UE après les vetos hongrois et polonais sera au coeur des discussions. L'état de droit manifeste la maturité des sociétés démocratiques qui l'ont entériné.

Le paquet financier en discussion comprend un budget de 1.100 milliards d'euros pour les années 2021 à 2027 et un plan de relance de 750 milliards d'euros. Il évoque la création d'une possibilité de recours juridique contre la suspension des fonds européens et la mise en place de critères objectifs sur ce qui constitue une violation de l'État de droit.

Mais, dans le même temps, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a enfin laissé apparaître ce qui pourrait constituer la voie d'une sortie de crise.

Face à la résistance grandissante des pays d'Europe centrale, surtout la Hongrie et la Pologne, l'Union européenne pourrait avancer sans les pays qui bloquent le budget européen, affirme le ministre français des Affaires européennes Clément Beaune.

Une renégociation des compromis difficilement trouvés avec les eurodéputés semble exclue.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le dirigeant de facto de la Pologne, Jaroslaw Kaczynski, ont besoin des fonds européens pour regonfler une popularité en baisse.

Un jeu dangereux puisque Varsovie et Budapest, principaux bénéficiaires nets des fonds européens, ont aussi beaucoup à perdre. Mais elle leur demande aussi de se tenir prêts à "réorienter ces politiques fiscales (.) quand les conditions épidémiologiques et économiques le permettront".

Aucune solution n'est attendue jeudi: cette réunion prévue pour durer trois heures sera "l'occasion d'un échange de vues", mais "le manque de contact physique est un désavantage" et interdit les apartés décisifs, rappelle une source européenne.

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