L'ouragan Iota se renforce à l'approche de l'Amérique centrale

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Tunisie-Tribune (L'ouragan Iota de catégorie 4) - Iota, rétrogradé en catégorie 4, a atteint l'est du Nicaragua lundi soir. "Il est le 13e de l'année à frapper l'Amérique centrale et menace des zones au Honduras et au Nicaragua de " pluies torrentielles ", de " vents extrêmement violents " et de " submersions côtières dangereuses ", selon les météorologues américains.

Iota suit la même trajectoire que l'ouragan Eta qui a dévasté l'Amérique centrale il y a moins de deux semaines, faisant plus de 200 morts et disparus, privant de maisons des centaines de milliers d'habitants et causant d'énormes dégâts aux infrastructures.

" L'ouragan Iota s'affaiblit rapidement au-dessus du nord-ouest du Nicaragua", a affirmé à 9 h GMT (4 h heure de Montréal) le Centre national des ouragans américains (NHC), mettant néanmoins en garde contre " des vents catastrophiques, une virulence cyclonique menaçante pour la vie et des pluies torrentielles ". Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées préventivement au Nicaragua, au Honduras et au Guatemala qui ne se sont pas encore relevés du passage d'Eta.

Enfin, le Salvador s'est mis en alerte jaune (intermédiaire) et les autorités ont appelé la population à se préparer à l'arrivée du cyclone.

À Bilwi, principale ville portuaire de la côte nord du Nicaragua, les 40 000 habitants, pour la plupart des indigènes Miskitos, s'affairaient à renforcer leurs frêles maisons de bois, dont beaucoup de toits de tôle ont déjà été arrachés au début du mois par les rafales de l'ouragan Eta.

'Jamais nous n'avons vu auparavant des ouragans se succéder ainsi en si peu de temps', se désespérait Silvania Zamora, qui rassemblait, comme la plupart des habitants de Bilwi, ses affaires dans des sacs en plastique pour tenter de les mettre à l'abri. Psychologiquement, ce n'est pas facile de perdre ce que l'on possède et de recommencer. "Certains d'entre nous préfèrent rester et mourir ici dans leur maison", a-t-elle déclaré.

Dans un abri de Bilwi au Nicaragua à l'approche de l'ouragan Iota le 16 novembre 2020
Dans un abri de Bilwi au Nicaragua à l'approche de l'ouragan Iota le 16 novembre

"Des arbres sont tombés, ainsi que des pylônes électriques, des toits de maisons se sont envolés et un hôtel a perdu toute sa toiture", a déclaré le directeur des services nicaraguayens de protection civile (Sinapred), Guillermo Gonzalez.

"Les autorités ont ordonné aux habitants de quitter les lieux, mais beaucoup refusent de se rendre dans les refuges déjà saturés par crainte de la covid-19".

Au Honduras, en prévision d'inondations imminentes, policiers et militaires ont évacué dimanche au moyen de canots et d'hélicoptères, pour la deuxième journée consécutive, des dizaines de milliers d'habitants de la vallée de Sula, aux abords de San Pedro Sula, deuxième ville du pays.

Le pays a été durement frappé par le précédent ouragan Eta, et 40'000 personnes sont toujours réfugiées dans des centres d'hébergement. Au Honduras, le gouvernement a fermé les principales routes du pays mardi en raison du fort risque de crues soudaines.

La saison des ouragans chargée et la prévalence de fortes tempêtes sont en partie dues à changement climatique, qui augmente la température des océans et alimente les tempêtes tropicales. Lundi, les chefs d'Etat des pays d'Amérique centrale ont présenté conjointement une demande d'aides pour la reconstruction aux organismes financiers internationaux.

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