Les députés entament l’examen du texte controversé sur la "sécurité globale"

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En effet, les syndicats de journalistes qui ont appelé au rassemblement au côté de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et d'autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu'elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action, et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières.

D'autres rassemblements réunissant au total plusieurs milliers de manifestants ont eu lieu à Lyon, Grenoble, Toulouse, Bordeaux, Marseille ou encore Rennes.

Cette loi doit être débattue ce mardi 17 novembre 2020 à l'Assemblée nationale. Les députés aborderont d'abord ces deux thématiques réputées plus consensuelles, mais qui n'échapperont pas aux banderilles des oppositions, les communistes rejetant en bloc "un désengagement de l'Etat sur ses missions régaliennes". Pour le collectif ce texte proposé aux législateurs tend à "instaurer un continuum de sécurité avec, notamment, une augmentation des pouvoirs des agents de sécurité et de la police municipale".

Le texte de la loi sur la sécurité fait débat.

La mesure fait bondir les représentants des journalistes et les défenseurs des libertés publiques, qui fustigent "une grave atteinte" au droit de la presse.

Cette loi a pour objectif à "protéger ceux qui nous protègent" en encadrant la diffusion de l'image des policiers et gendarmes, selon le ministre de l'Intérieur, résumant ce texte d'une formule: "filmer oui, traquer les policiers non". "Mais pourquoi dans une période où tout le monde se retrouve un peu tétanisé par la peur du Covid vouloir passer, presque en catimini et rapidement, des lois qui portent atteinte aux libertés fondamentales?".

A gauche, LFI dénonce le risque "d'autocensure".

Le député LREM Saïd Ahamada a annoncé son intention de voter contre cet article qui jette "un doute illégitime sur toutes les interventions policières". Pour le socialiste Hervé Saulignac, "même Sarkozy n'était jamais allé aussi loin". En cause? L'article controversé sur l'encadrement de la diffusion d'images des policiers que les protestataires jugent préoccupant. Enfin, Jean-Christophe Lagarde (UDI), dénonce un article "mal fichu". Une prise de conscience qui s'est densifiée à la faveur de la répression du mouvement des Gilets Jaunes, et des grandes manifestations antiracistes organisées notamment par Assa Traoré et le Comité Adama, dont l'ampleur et le rayonnement ont été exacerbés par la mort de George Floyd le 25 mai dernier. Pour Emmanuel Vire du SNJ-CGT, "ce n'est pas seulement un problème pour les journalistes", et "c'est tout le droit des citoyens à manifester et à s'exprimer" qui est menacé par ce genre de mesures.

Face à cette pluie de critiques, le gouvernement tente de jouer l'apaisement.

"Cette loi n'a pas d'utilité parce que dans le droit pénal français, il y a déjà plusieurs dispositions pour protéger les policiers et sanctionner" ceux qui voudraient leur nuire, a assuré Arié Halimi, de la Ligue des droits de l'Homme, assurant qu'une telle loi concernait, au-delà des journalistes "tous ceux qui ont été victimes des violences policières". "Ni la liberté de la presse, ni le droit à l'information, ni le fait de pouvoir filmer à n'importe quel moment les forces de sécurité intérieure en intervention ne sont remis en question", a promis l'ex-ministre de l'Intérieur.

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