L'audition des parents d'Alexia repoussée à mercredi — Affaire Daval

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À l'audience, l'un de ses conseils, Me Ornella Spatafora, a ainsi interrogé le directeur d'enquête, l'adjudant-chef Franck Paredes, sur les messages houleux échangés par les deux époux, Jonathann apparaissant " plus aux petits soins " qu'une Alexia plus "directe " et qui lui reprochait ses " problèmes d'érection " et l'impossibilité d'avoir des " relations (sexuelles) abouties ".

Le procès de Jonathann Daval, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de sa femme Alexia, s'est ouvert lundi 16 novembre. Les parties civiles soupçonnent également Jonathann Daval, 36 ans, d'avoir prémédité son geste et cherché à empoisonner sa femme en lui administrant, sur une longue période et à son insu, des médicaments.

Celui-ci connaissait lundi matin une effervescence tout à fait inhabituelle avec une forte présence policière, des dizaines de journalistes, les camions satellitaires des chaînes de télévision. "Dans nos sociétés, on divorce quand ça ne va pas (...) On ne fait pas un massacre comme ça", a estimé Mme Fouillot, très émue. Le 30 octobre, le corps en partie calciné d'Alexia Daval, employée de banque de 29 ans, était retrouvé dans un bois à quelques kilomètres du domicile des Daval à Gray-la-Ville (Haute-Saône). Les jours suivants, le visage baigné de larmes du trentenaire s'affichait dans les médias. Mais en janvier 2018, le veuf éploré, placé en garde à vue, craque et avoue le meurtre de sa femme, survenu selon lui lors d'une violente dispute.

Durant les deux années de l'instruction, il changera plusieurs fois de version, se rétractant, puis accusant même son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d'une audition bouleversante devant le juge d'instruction. En juin 2019, il avouera enfin lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille d'Alexia.

Le procès doit s'achever vendredi.

Mais en attendant, l'avocat attend des débats qu'ils lèvent les "nombreuses zones d'ombre de ce dossier", évoquant "l'éventuelle préméditation" et "l'éventuelle complicité", pourtant écartées par l'instruction.

Le soir du meurtre, Jonathann dit avoir refusé un rapport sexuel à sa femme qui, en retour, se serait montrée violente, lui reprochant de "ne pas être un homme".

Et mardi? La Cour va entendre les proches d'Alexia Daval, dont sa mère Isabelle Fouillot qui a émis le souhait de s'adresser directement à son ancien gendre.

Alexia, "violente en paroles et en actes", "l'humiliait", a soutenu au cours de l'instruction l'accusé, qui dit l'avoir "étranglée" et "frappée pour qu'elle se taise" mais affirme ne pas avoir voulu la tuer. La mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, a d'ores et déjà prévenu: " Je ne veux pas que ce soit le procès d'Alexia ".

"Interrogé par l'un des avocats de l'accusé, Me Randall Schwerdorffer, sur l'existence d'une " preuve d'un rapport sexuel post mortem " impliquant son client et Alexia, Antoine Tracqui, l'un des médecins légistes, a répondu par la négative: " Non seulement, je n'ai pas de preuve d'un rapport post mortem, mais je n'ai pas d'arguments positifs en ce sens ".

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