Sahara occidental: statu quo entre le Front Polisario et le Maroc

Share

Le Polisario annonce depuis vendredi des attaques et bombardements le long du mur de sable de 2.700 kilomètres qui démarque les deux camps, sans susciter de réaction officielle à Rabat.

Le trafic routier entre le Sahara occidental et la Mauritanie a repris samedi après l'opération militaire lancée la veille par Rabat au poste frontière de Guerguerat, alors que les indépendantistes du Polisario affirment que des combats se poursuivent dans ce territoire disputé. Le "polisario" et ses milices, qui se sont introduits dans la zone depuis le 21 octobre 2020, y ont mené des actes de banditisme, bloqué la circulation des personnes et des biens sur cet axe routier et harcelé continuellement les observateurs militaires de la Minurso, rappelle le ministère, relevant que ces agissements documentés constituent de véritables actes prémédités de déstabilisation qui altèrent le statut de la zone, violent les accords militaires et représentent une menace réelle à la pérennité du cessez-le-feu.

La presse espagnole a largement rendu compte de l'agression militaire marocaine menée vendredi à El-Guerguarat au Sahara occidental, ayant entrainé la fin du cessez-le-feu en vigueur dans la région depuis 1991. Il a mis en garde contre toute menace contre la sécurité du Maroc. Cette route "sert au pillage des ressources naturelles du peuple sahraoui", a accusé M. Ould Salek.

Le forum "FAR-Maroc" affirme que le Polisario a effectué "des tirs de harcèlement le long de la ligne de défense sans causer de dégâts" et que l'armée marocaine a "riposté", occasionnant "la destruction d'un engin porte-armes à l'est de la ligne de défense", au niveau de Mahbès, près de la frontière algérienne.

L'analyste du journal Publico n'est pas allé par le dos de la cuillère en interpellant la communauté internationale: "l'Espagne, l'ONU et le reste des acteurs impliqués de la France aux Etats-Unis, ont une nouvelle opportunité, après 45 ans de temps perdu, pour suivre le cours de l'histoire afin d'éviter un bain de sang et répondre comme il se doit à cette énième provocation de Mohamed VI". La force de l'ONU (Minurso) affronte aussi des problèmes d'accès sur le terrain et a limité ses déplacements ces derniers mois, basant désormais pour l'essentiel ses observations sur des images satellite, selon le dernier rapport annuel du secrétaire général devant le conseil de sécurité de l'ONU.

Il est "extrêmement difficile de vérifier la réalité des informations diffusées de l'un ou de l'autre côté", soulignait d'ailleurs ce rapport.

Le Maroc contrôle les deux tiers de la zone désertique de 266 000 km2 et considère la bande ouest comme partie intégrante du royaume. Elle a aussi salué " les efforts pacifiques engagés par le Maroc afin de parvenir à une solution durable sous l'égide de l'ONU, comme explicitement indiqué dans les résolutions du Conseil de Sécurité ". Le Front Polisario en contrôle l'autre tiers.

Share