Certaines caricatures de Mahomet "sont insultantes" — Ségolène Royal

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Elle estime toutefois qu' Emmanuel Macron "a fait une erreur, sans doute sous le coup de l'émotion (.) parce qu'il a dit 'je vais continuer avec les caricatures'" lors de la cérémonie en hommage à Samuel Paty enseignant de 47 ans, sauvagement assassiné à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine. Lors des obsèques du professeur, le président Emmanuel Macron a réaffirmé le droit à la liberté d'expression en France, pays laïc, et notamment le droit au blasphème.

" On n'est pas obligé, pour enseigner la liberté d'expression, de montrer des caricatures qui sont à la limite de la pornographie ", avait déclaré M. Ferry, qui a été ministre entre 2002 et 2004 sous la présidence de Jacques Chirac.

D'après l'ancienne ministre, un chef d'État "continue avec la liberté d'expression mais pas avec les caricatures qui blessent des millions de personnes à travers le monde". "Et les devoirs installés par la République c'est la fraternité qui vient rééquilibrer la liberté", insiste Ségolène Royal. Invitée sur CNews lundi matin, l'ancienne candidate à la présidentielle a déclaré "partager la vision du président français", disant que la France "n'allait pas changer" son droit sur la liberté d'expression "parce qu'il choque ailleurs". "Et la liberté, ce n'est pas le droit de dire n'importe quoi, n'importe comment ", a poursuivi l'ex-ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique de Macron.

Et d'ajouter: " C'est quoi la fraternité? Et la Fraternité, c'est l'interdiction de " choquer, d'humilier, d'insulter ". C'est la prise en considération de la souffrance des autres pour pouvoir rectifier un certain nombre de choses. "Toutes les caricatures pornographiques, je comprends que certains se sentent insultés par cela y compris des musulmans qui ne sont ni intégristes, ni radicaux", a-t-elle ajouté. Et la liberté, ce n'est pas le droit de dire n'importe quoi, n'importe comment. Elle affirme qu'elle n'est "pas pour l'interdiction des caricatures", sans pour autant les "cautionner, pour dire que les caricatures, c'est bien".

Un débat qui a naturellement glissé vers les caricatures de Charlie Hebdo.

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