Le pneumaticien japonais Bridgestone va fermer l'usine de Béthune

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C'est donc acté: l'usine fermera ses portes. Les pouvoirs publics avaient alors promis d'abonder à hauteur d'un euro pour chaque euro réinvesti par le manufacturier. Dès que l'entreprise avait annoncé son intention de fermer le site de Béthune le 16 septembre dernier, Bridgestone s'était vu opposer une réaction de désaccord conjointe, fait rare, de la région Hauts-de-France et du gouvernement, qui a fait de la réindustrialisation une de ses priorités. Il a finalement été jugé non "réaliste" par Bridgestone, car ne réglant pas le "problème de surcapacité" du groupe en Europe. (.) Réduire la capacité de production de l'usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne, face à des concurrents dont la taille des usines s'accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus. Après avoir accepté il y a 3 semaines d'examiner un scénario de maintien partiel de l'activité poussé par le gouvernement, la direction du pneumaticien japonais a fait savoir ce jeudi matin, lors d'une réunion organisée dans la cité nordiste, que ce plan ne lui paraissait pas viable.

La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a entamé jeudi à Béthune (Pas-de-Calais) une nouvelle réunion avec la direction de Bridgestone, des élus et les syndicats, pour un point sur le projet de sauvetage du site local de production de pneumatiques, menacé de fermeture.

"Nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions", a assuré la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, "nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

Président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus". L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour 1 euro d'argent privé, a-t-il précisé.

"Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", a-t-il souligné.

"L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a réagi en écho l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, alors qu'une assemblée générale était prévue sur le site en début d'après-midi. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

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