L’écrivain français Maurice Genevoix entre au Panthéon — Grande Guerre

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Je ne voulais pas faire de Maurice Genevoix le Poulidor du Panthéon, toujours pas loin mais jamais dedans.

Robert Sire, médecin chirurgien-dentiste, homme souriant, modeste et attentif, personnalité discrète qui fut l'un des grands dessinateurs sur le vif du quotidien régional La République du Centre, nous autorise aujourd'hui volontiers à reproduire l'un de ses portraits de Maurice Genevoix, l'homme des Vernelles, du fleuve Loire qui fréquenta tellement Orléans.

Ce cercueil, habillé d'un drapeau tricolore et porté par des militaires de la Garde républicaine, a lentement remonté le parvis du Panthéon, avant que deux lectures, réalisées par des comédiens, ne résonnent dans le splendide édifice quasi vide: un extrait de Ceux de 14 puis une lettre de Maurice Genevoix à la mère d'un de ses amis.

Après une commémoration du 102ème anniversaire de la fin de la Première guerre mondiale sous l'Arc de Triomphe mercredi, Emmanuel Macron a présidé en fin de journée l'entrée au Panthéon de Maurice Genevoix. "Pour l'éternité. Ils sont là".

Lors de sa prise de parole, Emmanuel Macron a aussi fait allusion à "l'Histoire de femmes et d'hommes animés du courage de ceux qui savent pourquoi ils se battent". Ce "courage français" qui a "soulevé ceux de 1789" et, après eux, "tous nos soldats de toutes nos guerres". "Celui-là même qui nous permit de bâtir, avec notre Europe, la paix que nous leur devions. Non pas une paix faite de lâchetés et de renoncements mais celle d'un dialogue constant, respectueux de nos histoires, nos différences, nos valeurs".

Maurice Genevoix en 1971
Maurice Genevoix en 1971

Après un passage lundi aux Eparges, son cercueil, qui était jusque là enterré au cimetière de Passy à Paris, a passé la nuit à l'Ecole normale supérieure à Paris, dont Maurice Genevoix a été l'élève avant d'être mobilisé. Il est incorporé comme sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie, il participe à la bataille de la Marne et à la marche sur Verdun.

Le 25 avril 1915, il est grièvement blessé sur la côte des Eparges, un village de la Meuse surmonté d'une colline stratégique qui va engloutir 12.000 hommes en quatre mois.

C'est pendant son hospitalisation, qui va durer sept mois, que le jeune homme de 24 ans commence à écrire, à partir de notes et de dessins, car il dessinait aussi très bien, consignées au front.

Auteur prolifique, il est souvent défini comme un écrivain " du terroir " à cause de ces récits nourris par sa vie à la campagne tel son roman Raboliot, prix Goncourt en 1925. Maurice Genevoix entretient le souvenir des morts et des survivants sur 5 tomes: Sous Verdun (1916), Nuits de guerre (1917), Au seuil des guitounes (1918), La boue (1921) et Les épargnes (1923).

Invalide à 70%, privé de l'usage de sa main gauche, il est réformé.

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