Bruxelles accuse Amazon d'avoir enfreint les règles européennes de concurrence

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Bruxelles a annoncé par ailleurs, dans un communiqué, avoir ouvert une seconde enquête pour pratiques anticoncurrentielles visant la plateforme, soupçonnant un traitement préférentiel des offres d'Amazon ou des vendeurs de sa place de marché utilisant les services de livraison du géant américain.

Le géant du commerce électronique est accusé par la Commission européenne d'utiliser illégalement des données collectées auprès de vendeurs tiers pour favoriser ses propres services et produits. "Les conditions de concurrence sur la plateforme d'Amazon doivent également être équitables", a déclaré la commissaire à la Concurrence qui reproche à la firme de jouer sur les deux tableaux, celle-ci vendant directement des produits sur son site internet tout en permettant à des vendeurs indépendants de figurer sur sa plateforme. En fait, bien qu'Amazon ne répertorie qu'une part mineure de tous les produits sur la plate-forme, il capte la part du lion des transactions dans la plupart des catégories de produits. "Cela marginalise les vendeurs tiers et limite leur capacité à se développer".

Amazon a immédiatement contesté ces conclusions.

Le distributeur affirme qu'il représente moins de 1% du marché mondial de la vente de détail et qu'il y a "des concurrents plus forts dans tous les pays" où il opère.

Bruxelles adresse à Amazon une liste de griefs sur ses pratiques anticoncurrentielles vis-à-vis des commerçants indépendants que la plateforme accueille via sa marketplace.

"Aucune compagnie n'est plus attentive aux petites entreprises ou a fait plus qu'Amazon pour les soutenir depuis 20 ans", a-t-il ajouté, estimant à 150.000 le nombre de sociétés qui vendent sur sa plateforme pour "des centaines de milliers d'emplois créés".

Comme à chaque fois avec une communication de griefs, la Commission européenne précise qu'elle ne préjuge pas de l'issue d'une enquête. Difficile de savoir ce qui ressortira de cette enquête dont le verdict est attendu pour 2021 au plus tôt, mais dans des cas similaires, les amendes infligées par Bruxelles ont atteint jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise sanctionnée. Soit, en l'occurrence, plusieurs milliards d'euros.

Cette annonce survient au moment où Amazon est critiqué pour avoir profité de la crise sanitaire qui contraint de nombreux commerces à fermer leurs portes, tandis que la vente en ligne bat des records.

Alors qu'un nombre croissant d'acheteurs se tournent vers l'e-commerce dans le contexte de la pandémie, Amazon a annoncé le mois dernier un bénéfice de 6,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2020, soit le triple de celui enregistré au troisième trimestre 2019, rappelle le quotidien britannique.

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