Ce que l'on sait de l'enquête — Prof d'histoire décapité

Share

" C'est une énorme émotion, on se sent meurtris, attaqués ", ajoute Angélique Santier, à ses côtés. Les faits se déroulent non loin du collège du Bois d'Aulne, situé à Conflans-Saint-Honorine, dans un quartier pavillonnaire sans histoires. En arrivant, les policiers tentent d'interpeller un homme qui tire en leur direction "à cinq reprises" avec "une arme de poing", a poursuivi Jean-François Ricard. Les policiers ripostent, l'agresseur succombe à "9 impacts".

Le suspect était armé d'un couteau et d'un poignard et d'un pistolet de type "air soft ": "A terre, il a continué à menacer les policiers avec un couteau", a précisé le procureur. Selon M. Ricard, l'homme a tenté de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers.

Des sources judiciaires avaient affirmé vendredi que l'agresseur avait crié "Allah Akbar" avant que les policiers ne fassent feu.

Ce père de famille de 47 ans enseignait l'histoire-géographie dans un collège des Yvelines depuis plusieurs années. Les représentants nivernais de la Fédération syndicale unitaire s'indignent de la possibilité que "cet acte horrible soit en lien avec l'utilisation en cours de caricatures de Mahomet dans le cadre d'un cours d'enseignement moral et civique". Ce qui avait suscité des réactions d'indignation de la part de certains parents d'élèves, rapporte Sud Ouest.

"La victime aurait, selon lui, " invité les élèves musulmans à sortir de la classe " avant de montrer un dessin du prophète accroupi avec une étoile dessinée sur ses fesses et l'inscription " une étoile est née ". Il se dirigeait ensuite au commissariat local, avec sa fille, pour déposer plainte pour " diffusion d'images pornographiques ".

Jean-Francois Ricard, procureur anti-terroriste Abdoullakh Abouyezidvitch A., âgé de 18 ans, est né à Moscou en 2002, il est de nationalité russe et d'origine Tchétchène. Connu pour des antécédents de droit commun, il n'a jamais été condamné. Il n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, selon plusieurs sources proches du dossier. Habitant à Evreux, dans l'Eure, il avait un titre de séjour délivré le 4 mars 2020 et valable dix ans. Il a le statut de réfugié et habitait à Evreux en Normandie.

Jean-François Ricard a expliqué que les enquêteurs avaient retrouvé dans son téléphone portable le texte de revendication envoyé sur Twitter. Ce texte avait été écrit à 12H17. Ils ont découvert aussi la photo de la tête de la victime envoyée à 16H57 sur Twitter. Cette photo était accompagnée d'un message adressé à Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", expliquant vouloir se venger de celui "qui a osé rabaisser Muhammad". Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes.

Le 12 octobre toujours, une seconde vidéo d'une dizaine de minutes était mise en ligne sur YouTube dans laquelle on retrouvait le père de l'élève et sa fille, tous deux interviewés.

A 17 h 11, les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans-Sainte-Honorine sont appelés par les policiers municipaux d'Eragny-sur-Oise, en région parisienne, qui ont découvert le corps d'un homme décapité sur la voie publique, a relaté samedi le procureur du parquet national antiterroriste (PNAT), Jean-François Ricard.

Cette agression survient alors que se poursuit le procès des attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher en janvier 2015 devant la cour d'assises spéciale de Paris. La vidéo était baptisée: "L'islam et le prophète insultés dans un collège public".

Share