L’Union européenne et le Royaume-Uni à couteaux tirés — Brexit

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D'autant que le Premier ministre britannique brandit désormais la menace de "no deal". " A moins d'un changement fondamental d'approche, nous allons vers la solution à l'australienne et nous devons le faire avec une grande confiance ", a-t-il dit en référence aux relations entre l'Australie et l'UE, qui ne s'appuient sur aucun accord de libre-échange bilatéral étendu.

Jusqu'à présent, la stratégie du "clash" - la seule et unique jamais adoptée par Boris Johnson sur le Brexit depuis le début de l'année - n'a pas porté ses fruits.

Le négociateur européen Michel Barnier ne cesse d'ailleurs de répéter à l'envi que même si l'UE fait montre de "flexibilité" pour trouver des solutions qui respectent pleinement la souveraineté du Royaume-Uni et maximiser les chances de parvenir à un accord, le Royaume-Uni, de son côté, "ne s'engage pas de manière réciproque sur les principes et intérêts fondamentaux de l'UE".

À leur arrivée, plusieurs participants au sommet avaient répété les éléments qui constituent les trois principales pierres d'achoppement dans les négociations avec Londres: le " level playing field", soit les conditions d'une concurrence équitable entre entreprises britanniques et européennes, la gouvernance (un mécanisme commun de règlement des désaccords) et la pêche. Lors d'un point de presse, il a déclaré que les négociations avec Londres ne butaient pas uniquement sur la question de la pêche mais sur tous les sujets. "J'ai proposé à l'équipe britannique de négocier dans le bref espace de temps qu'il nous reste, de façon à discuter d'un accord jusqu'à fin octobre", a-t-il déclaré. Si la pêche en eaux britanniques ne concerne a priori qu'une poignée d'États de l'UE (dont la Belgique), il importe de montrer que les 27 restent unis, " c'est notre force", a clarifié ce dernier. De son côté, le président français Emmanuel Macron insiste sur les efforts que doivent fournir les Britanniques.

"Michel Barnier a cependant déclaré, pour la première fois, que l'UE était ouverte à " un effort raisonnable " sur le sujet, à condition qu'il " préserve les activités de pêche de l'UE ".

"C'est le Royaume-Uni qui a souhaité quitter l'UE", a rappelé Emmanuel Macron à l'issue du sommet de Bruxelles, jeudi, jugeant que Londres avait "encore plus besoin que nous d'un accord". Le Royaume-Uni "doit se préparer" à un échec des négociations, a averti le chef du gouvernement britannique.

Les deux parties s'accusent mutuellement de laisser planer le risque d'un " no deal " potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

" L'accord de retrait et ses protocoles doivent être entièrement mis en oeuvre - point final!".

"De notre point de vue, les négociations commerciales sont finies". Voire! Mais c'est ce qui a sans doute poussé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à assurer que des négociateurs européens se rendraient à Londres la semaine prochaine "pour intensifier " les discussions.

Le second jour du sommet vendredi est dédié aux relations extérieures, notamment au regain de tensions avec la Turquie en Méditerranée orientale et au Nagorny Karabakh.

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