Frontière maritime Israël-Liban: des discussions "productives" pour le début des négociations

Share

Le Liban et Israël, deux voisins officiellement toujours en guerre, doivent entamer mercredi 14 octobre des négociations inédites sous l'égide de Washington pour délimiter leur frontière maritime, dans l'optique de lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures.

Les pourparlers marquent "un premier pas dans la marche de mille milles vers la démarcation" de la frontière maritime, a déclaré le général de brigade Bassam Yassin dans un communiqué publié après la session.

" Nous espérons que les négociations se dérouleront à un rythme nous permettant de clore ce dossier dans un délai raisonnable ", a-t-il ajouté.

Recevez gratuitement notre édition quotidienne par mail pour ne rien manquer du meilleur de l'info Inscription gratuite!

Après des années de diplomatie américaine, le Liban et Israël ont annoncé début octobre ces pourparlers qui se tiendront au sein de locaux de l'ONU à Naqoura, localité frontalière dans le Sud-Liban, une initiative " historique " selon Washington.

Une source au ministère israélien de l'Énergie avait assuré que la question pourrait être résolue " en quelques mois " si tout se passait sans encombres.

"Nous n'avons aucune illusion. Notre objectif n'est pas de créer une quelconque normalisation ou processus de paix", avait souligné cette source.

Israël a déclaré qu'il y aurait des "négociations directes", ce que les responsables libanais ont nié.

La délégation israélienne est composée de six membres, dont le directeur général du ministère de l'Énergie, un conseiller diplomatique du premier ministre Benyamin Nétanyahou et le chef de la direction des Affaires stratégiques de l'armée.

Ces pourparlers interviennent dans un contexte de fortes tensions en Méditerranée orientale autour des hydrocarbures et de la délimitation des frontières maritimes, impliquant entre autres la Turquie, la Grèce, Chypre, l'Egypte et Israël.

Le Hezbollah et son allié Amal ont critiqué la délégation représentant le Liban lors des pourparlers.

Lundi, le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar a qualifié les pourparlers de "moment de faiblesse politique sans précédent pour le Liban" et a soutenu qu'Israël était le véritable "bénéficiaire". La dernière grande confrontation entre le Hezbollah et Israël remonte à l'été 2006. Une guerre dévastatrice avait alors fait plus de 1200 morts côté libanais, surtout des civils, et 160 côté israélien, essentiellement des militaires.

Depuis, des réunions tripartites routinières sont organisées par la Finul avec des responsables militaires.

Les pourparlers négociés par les États-Unis auront lieu au poste frontière de l'ONU connu sous le nom de Ras Naqoura, à la périphérie de la ville frontalière libanaise de Naqoura.

Le Hezbollah utilise son rôle de " résistance " face à Israël comme justification pour garder son arsenal. Selon M. Khashan, il n'y renoncera pas.

Share