Altun : " La Turquie reste attachée à une solution diplomatique en Méditerranée orientale "

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Les Etats-Unis ont exigé ce 13 octobre que la Turquie cesse sa "provocation délibérée" en mer Méditerranée où Ankara vient d'envoyer à nouveau un navire d'exploration gazière dans une zone contestée, au risque de raviver une crise avec la Grèce. Après les efforts de médiation allemande pour désamorcer les tensions et lancer des discussions pour résoudre ces différends maritimes, Grèce et Turquie avaient annoncé dix jours plus tard la tenue de "pourparlers exploratoires".

La Turquie a envoyé à nouveau son navire d'exploration en Méditerranée orientale, théâtre de vives tensions avec la Grèce.

"La critique exprimée par les États-Unis, qui avaient pourtant déclaré que la carte de Séville (.) n'avait aucune valeur légale pour les activités sismiques de la Turquie sur son plateau continental constitue une sérieuse incohérence", a réagi le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. Une décision prise alors que les élections de la "République turque de Chypre" (Nord de l'île), uniquement reconnue par Ankara, se tenaient dimanche. Athènes et Ankara avaient connu un mois de forte tension après le déploiement par la Turquie de ce bateau de recherche sismique, escorté de navires de guerre, au sud de l'île grecque de Kastellorizo, potentiellement riche en gaz naturel. La marine turque a indiqué le 12 octobre que le navire Oruç Reis reprendrait ses activités dans la région jusqu'au 22 octobre, déclenchant la colère de la Grèce qui a précisé qu'elle n'entamerait pas de discussions avec Ankara tant que la Turquie n'aurait pas retiré son navire.

En réaction, Athènes a qualifié ce nouvel épisode de "menace pour la paix et la sécurité". Le navire Oruc Reis, a repris la direction de Kestellorizo.

"Ankara doit mettre fin au cycle de la détente et de la provocation si le gouvernement est intéressé par des pourparlers - comme il l'a assuré à plusieurs reprises", a déclaré le ministre dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l'Union européenne.

La Grèce revendique son pouvoir sur les eaux entourant cette île grecque, mais la Turquie rejette sa domination, insistant sur le fait qu'elle a des droits plus étendus en Méditerranée orientale en raison de son littoral plus long. La mission du navire de recherche "sera discutée par les dirigeants européens lors de leur prochain sommet", a annoncé lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE. Des sanctions économiques ont été élaborées et elles sont prêtes à être "utilisées immédiatement", avait-elle martelé.

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