Marché : La BCE surveille de près l'évolution de l'euro

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" Ces achats contribuent à assouplir l'orientation globale de la politique monétaire, contribuant ainsi à compenser l'impact à la baisse de la pandémie sur la trajectoire prévue de l'inflation ", a déclaré la BCE dans un communiqué.

La hausse de l'euro, qui a pris 10% face au dollar depuis mai, a été " largement débattue " lors de la réunion du conseil des gouverneurs de l'institution, a souligné la présidente de la BCE, la Française Christine Lagarde, lors de la conférence de presse de politique monétaire. Le mandat de la banque est de "maintenir la stabilité des prix" et "l'appréciation de l'euro est quelque chose à surveiller attentivement", a-t-elle ajouté.

Déjà orientés à la baisse du fait de la crise, les prix en zone euro sont même passés en territoire négatif en août (-0,2%) où des facteurs temporaires ont joué, comme la baisse de la TVA en Allemagne et les soldes d'été.

La BCE a enfin réitéré son intention d'utiliser "tous ses instruments (.) de manière appropriée" afin de soutenir l'activité et ramener le taux d'inflation vers l'objectif assigné, qui est proche de 2%. Quant à l'inflation, l'estimation est maintenue à 0,3% pour cette année, relevée de 0,8% à 1% pour 2021 et confirmée à 1,3% pour 2022.

Pour Carsten Brzeski, chef économiste chez ING, Mme Lagarde s'est livrée à un " exercice d'équilibre verbal intéressant, voire risqué ". Bien que la BCE soit un peu plus optimiste quant aux perspectives économiques - les prévisions de croissance du PIB ont été revues à la hausse pour la première fois depuis longtemps - nous prévoyons toujours une reprise économique difficile dans les prochains mois dans la zone euro. Ce qui, selon lui, " signifie que la BCE semble s'inquiéter de l'appréciation de l'euro, mais pas trop encore ". La Banque centrale pourrait en conséquence améliorer légèrement sa prévision de PIB pour cette année (qu'elle attend pour le moment en recul de 8,7%).

La politique monétaire reste inchangée, mais la volonté affichée par la banque d'ajuster tous ses instruments de politique monétaire en cas de besoin subsiste. L'enveloppe du PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) est maintenue à 1.350 milliards d'euros et le montant des achats d'actifs de l'APP (Asset Purchase Programme) à 20 milliards d'euros par mois.

" Etant donné les circonstances actuelles, il est très probable que l'enveloppe sera utilisée dans son intégralité", a d'ailleurs indiqué Mme Lagarde.

Par ailleurs, concernant le Brexit, Mme Lagarde dit espérer " que l'issue des négociations sera positive malgré les postures observés ces derniers jours " alors que Londres a annoncé vouloir revenir en partie sur l'accord entérinant son divorce d'avec le bloc européen.

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