À Lesbos, l'aide humanitaire s'organise après l'incendie du camp de Moria

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La majorité des milliers de migrants, sortis en panique des tentes et des conteneurs dans la nuit de mardi à mercredi, se sont retrouvés assis au bord de la route reliant le camp au port de Mytilène, formant de longues files d'attente de trois kilomètres.

L'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a demandé aux pays de l'UE d'accueillir des migrants du camp.

La Commission européenne a annoncé mercredi qu'elle prenait en charge le transfert vers la Grèce continentale de 400 enfants et adolescents se trouvant dans le camp de réfugiés de Moria, sur l'île de Lesbos, en proie aux flammes.

L'incendie a éclaté dans une partie du camp qui n'avait pas été trop touchée mardi soir.

Une opération de sauvetage d'envergure est en cours ce jeudi dans le camp de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, ravagé la veille par deux incendies qui n'ont pas fait de victime mais laissé des milliers de personnes sans abri. Des milliers de manifestants ont exigé mercredi à travers l'Allemagne que leur pays prenne aussi en charge des migrants.

L'Autriche va proposer un million d'euros d'aide pour acheter "des tentes et des couvertures ".

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a lui assuré que la France était "prête à prendre sa part", pendant sa conférence de presse mercredi.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis "a exprimé sa tristesse pour les incidents à Moria".

Selon les pompiers, "des feux épars dans la prairie autour du camp mais aussi à l'intérieur de la structure " mobilisent 25 sapeurs et dix véhicules pour évacuer ce camp surpeuplé de l'île grecque de Lesbos - l'un des pires d'Europe -qui héberge actuellement près de 12 700 demandeurs d'asile, quatre fois sa capacité d'accueil.

Les migrants étaient soumis à de strictes mesures de circulation depuis le 21 mars, et l'inquiétude s'est accrue avec l'annonce la semaine dernière du premier cas de Covid-19, un Somalien de 40 ans testé positif.

Certains demandeurs d'asile ont dû marcher jusqu'au village avoisinant pour trouver de l'eau.

Outre cette partie principale du camp abritant près de 4000 personnes ainsi que les locaux administratifs et d'asile, le camp de Moria s'étendait dans les oliveraies avoisinantes, où habitaient près de 8000 personnes dans des tentes, qui ont subi également de nombreux dégâts. L'île de la mer Egée forte de 85'000 habitants est la principale porte d'entrée des migrants en Grèce en raison de sa proximité avec la Turquie.

Le camp de Moria a été souvent décrié pour son manque d'hygiène et son surpeuplement par les ONG qui appellent les autorités grecques à transférer les demandeurs d'asile les plus vulnérables vers le continent.

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