Grèce : un incendie ravage le camp de réfugiés à Lesbos

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D'après des médias, l'incendie aurait été déclenché par des migrants qui se sont rebellés contre des mesures d'isolation destinées à empêcher la propagation du coronavirus dans le camp emblématique et surpeuplé de Moria.

Plusieurs heures après l'incendie, une fumée noire continuait à s'élever du camp, qui hébergeait quelque 12 700 demandeurs d'asile, quatre fois sa capacité d'accueil.

Plusieurs feux se sont déclenchés ce mercredi au petit matin dans le camp de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Toujours d'après eux, "des feux épars dans la prairie autour du camp mais aussi à l'intérieur de la structure " ont démarré. Ils ont précisé que, pour l'instant, "il n'y a pas de victimes, mais quelques blessés légers avec des problèmes respiratoires dus à la fumée". Plus de 3.000 tentes, des milliers de conteneurs, des bureaux de l'administration et une clinique au sein du camp ont été brûlés.

Le président du syndicat des pompiers de Lesbos, Yorgos Ntinos, a indiqué mercredi matin que le camp "a brûlé à 99% et le feu continue".

Des centaines de demandeurs d'asile ont fui à pied dans la nuit vers le port de Mytilène mais ont été bloqués par les véhicules des forces de l'ordre, selon un photographe de l'AFP.

"Divers incendies dans le camp sont signalés et il semble que des fusillades ont lieu", a rapporté sur Twitter l'ONG Stand by me Lesvos mardi un peu avant 23h. "Les gens fuient". "Certains témoignages rapportent que des locaux bloquent le passage [des réfugiés, ndlr] dans le village voisin", ajoute l'association.

"La zone paie le prix de l'indifférence et de l'abandon", poursuit l'association des habitants qui appelle les autorités à agir rapidement pour trouver une solution pour les demandeurs d'asile qui se retrouvent sans abri.

Les pompiers affirment dans leur communiqué avoir "été empêchés d'entrer dans le camp pour intervenir" par certains groupes de réfugiés à leur arrivée dans le camp, et avoir fait appel aux forces de l'ordre pour pouvoir poursuivre l'opération de sauvetage.

La semaine dernière, les autorités ont détecté un premier cas de coronavirus dans le camp de Moria et ont mis le camp en quarantaine pour quinze jours. Il a lui aussi laissé entendre que l'origine du désastre pourrait être attribué à "des réactions violentes contre les contrôles sanitaires" effectués depuis la semaine dernière après la détection de 35 cas de Covid-19 dans le camp. "Les 35 personnes positives au coronavirus ont été transportées dans un espace prévu pour leur isolement".

Des ONG dénoncent l'enfermement des demandeurs d'asile dans ces structures qui ne sont pas adaptées pour mettre en place les mesures barrières nécessaires. Et maintenant, avec l'incendie, "tout le monde s'est dispersé et les cas positifs se sont mélangés aux autres désormais ", s'inquiète ce mercredi matin une source policière à Lesbos.

La situation du camp de Moria illustre l'urgence d'une réforme de la politique migratoire dans l'UE, qui bute depuis des années sur les divisions des Européens.

Ces chaises doivent aussi rappeler que des communes et des Etats régionaux allemands, au premier rang desquels la ville de Berlin, se sont dits prêts à prendre en charge des migrants retenus dans ces camps insalubres sur les îles grecques.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait part de sa "profonde tristesse ", soulignant que l'UE se tenait "prête à aider ". La Commission européenne a annoncé qu'elle prenait en charge le transfert immédiat vers la Grèce continentale de 400 enfants et adolescents.

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