Le patron de Suez juge "particulièrement hostile" l'offre de rachat par Veolia

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Veolia indique avoir déjà identifié un acquéreur pour les activités de Suez Eau France, en la personne de Meridiam, entreprise française de gestion d'infrastructures, qui s'est engagée à cette acquisition, pour un montant non divulgué. Alors que le marasme guette avec les mauvais chiffres économiques du fait de la crise sanitaire, le CAC40 va pouvoir s'animer avec l'annonce d'une importante proposition de rachat dans le secteur.

Réuni en urgence lundi au lendemain de l'annonce des intentions de Veolia, le conseil d'administration de Suez a exprimé sa désapprobation, pointant les "grandes incertitudes" de l'initiative, en terme d'emploi, de pertes d'opportunités, ou encore de perturbations opérationnelles dans un contexte déjà difficile.

Suez, qui avait présenté en octobre un plan stratégique visant à détrôner son rival de sa place de numéro un, a pris "acte", dans un communiqué séparé.

"L'offre que notre concurrent historique a soumise à Engie (actionnaire de référence de Suez NDLR), dimanche soir, est particulièrement hostile", estime Bertrand Camus dans ce message, adressé en français, anglais et espagnol aux 90.000 salariés du groupe dans le monde.

Antoine Frérot, de son côté, justifie dans sa lettre la pertinence de ce mouvement stratégique qu'il a pu, depuis, exprimer publiquement, ajoutant que " le succès de cette opération reposera, par ailleurs, sur l'adhésion de chacun d'entre nous, chez Veolia et chez Suez, aux principes de ce rapprochement. Si Engie, qui détient environ 32% de Suez, accepte de céder ce bloc, Veolia entend ensuite lancer une offre publique d'achat sur le solde du capital. "Concernant Suez, je dirais que tout est ouvert", avait déclaré alors le président du conseil d'administration, Jean-Pierre Clamadieu.

Cédric Tassin, coordinateur de la CFDT chez Suez, oppose lui aussi un refus catégorique au projet de Veolia, estimant qu'il reviendrait à "tuer un des deux leaders mondiaux de l'environnement".

Interrogé ce mercredi matin sur BFM Business, Antoine Frérot a dit souhaiter " convaincre tous les salariés de Suez de nous accompagner dans ce projet ". Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5 % de parts de marché au niveau mondial.

Mais "la concentration a commencé", prévient-il, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur, ou la montée d'acteurs venus de Chine.

Si les deux parties tombent d'accord, la transaction devra cependant obtenir l'aval des autorités de la concurrence. "Antoine Frérot évoque des " problèmes de concurrence importants " surtout en France, mais à l'étranger rarement et une " complémentarité forte ".

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