L'Organisation Mondiale de la Santé pessimiste sur le vaccin russe

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L'OMS a réagi avec prudence.

Mardi, Vladimir Poutine a affirmé que la Russie avait développé le "premier" vaccin contre le coronavirus. Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille d'être prudent. En l'absence de certitude scientifique quant à l'efficacité réelle de ce vaccin, l'annonce faite de Vladimir Poutine vise donc d'abord à mettre la Russie en première ligne de la course mondiale au vaccin contre le Covid-19. Une méthode également sélectionnée par l'université anglaise d'Oxford, selonLe Monde.

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Le ministère russe de la Santé a lui révélé des clichés du nouveau vaccin.

Pour la virologue française Marie-Paule Kieny, ancienne directrice générale adjointe à l'OMS, "cette déclaration est prématurée puisqu'on ne sait pas encore si ce vaccin (ou aucun autre) va protéger contre le Covid-19", ni "quelle sera la durée de l'immunité". La production industrielle devrait débuter en septembre prochain selon lui, alors que la "phase III" des essais commence le 12 août.

Dans le pire des scénarios, il reste possible qu'on n'obtienne jamais de vaccin.

Enfin, d'autres projets sont basés sur des vaccins "à ADN" ou "à ARN", des produits expérimentaux utilisant des morceaux de matériel génétique modifié.

Kirill Dmitriev a fait savoir que plus d'un milliard de doses avaient déjà été pré-commandées par 20 pays étrangers.

Un centre de recherche d'État a reçu une autorisation du ministère de la santé afin de développer le vaccin.

"Il n'y a pas de données connues concernant la qualité, l'efficacité et la sécurité du vaccin russe", a déclaré une porte-parole du ministère, rappelant qu'au sein de l'Union européenne, "la sécurité des patients est la première des priorités".

Est-il vraiment le premier?

Ce vaccin baptisé "Spoutnik " serait testé sur la fille du président Russe. Parmi ces 26 vaccins, 6 ont atteint fin juillet la phase 3 de leur développement. Le vaccin devra être inoculé deux fois afin de donner une longue immunité, qui pourrait durer deux ans. Jusqu'ici, la Russie n'a pas publié d'étude détaillée des résultats de ses essais permettant d'établir l'efficacité de ce produit. La préqualification de tout vaccin passe par des procédés rigoureux " a pointé Tarik Jasarevic, le porte-parole de l'OMS, lors d'une visio-conférence de presse, après avoir été interrogé sur l'annonce par le président russe que la Russie avait développé le " premier vaccin " contre le nouveau coronavirus. Début août, elle avait fait part de son scepticisme et avait rappelé que tout produit pharmaceutique doit "être soumis à tous les différents essais et tests avant d'être homologués".

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