Le journaliste Khaled Drareni condamné à trois ans de prison ferme — Algérie

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Quant à ses co-accusés, le juge a condamné Samir Benlarbi à deux ans de prison, dont quatre mois ferme, et une amande de 50 000 DA.

Sous le coup des mêmes chefs d'accusation, les deux coaccusés de Khaled Drareni, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, deux figures du mouvement de contestation antirégime, ont quant à eux écopé chacun de deux ans de prison, dont quatre mois ferme.

Khaled Drareni, 40 ans, prendra connaissance du verdict définitif lundi au tribunal d'Alger.

Mais suite à l'appel du procureur de la République, le contrôle judiciaire a été annulé le 25 mars dernier et le directeur du site d'information Casbah Tribune, Khaled Drareni, a été placé sous mandat de dépôt le 29 mars, à la prison d'El Harrach.

Pour la ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme LADDH, il s'agit " d'un précédent grave qui augure un sale temps pour les journalistes et les libertés ". "Il est alors accusé " d'incitation à un attroupement non armé " et d' " atteinte à l'unité nationale ".

Reporters sans frontières (RSF) a estimé, par le biais de son secrétaire général Christophe Deloire sur tweeter que "cette décision soulève le cœur et l'esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent ". Lors de l'audience par visioconférence, au cours de laquelle il est apparu amaigri, Khaled Drareni a rejeté les accusations. Il avait assuré n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant", et exercé "son droit d'informer".

"Si Khaled Drareni n'est pas libéré et relaxé dans les prochaines semaines, nous nous emploierons à faire savoir à l'opinion publique la réalité de la répression en Algérie et à mobiliser les organisations internationales et les gouvernements", avait promis RSF avant le verdict.

Pour RSF, qui mène une campagne internationale en sa faveur, "une condamnation à une peine de prison serait la preuve d'une dérive autoritaire du pouvoir algérien".

" Les autorités algériennes doivent relâcher immédiatement et sans condition Khaled Drareni, d'autant qu'il n'existe aucune preuve qu'il ait fait autre chose que son métier de journaliste", a plaidé dans un communiqué le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ONG basée aux Etats-Unis. "Soit il manifeste une volonté franche d'ouvrir une nouvelle ère d'apaisement politique, soit il reste figé dans le mauvais statu quo actuel, dont la principale marque est l'atteinte à la liberté d'expression", estimait le journal dans un récent éditorial.

Depuis plusieurs mois, la justice algérienne multiplie les poursuites judiciaires et les condamnations des militants du Hirak et d'opposants politiques, ainsi que des journalistes et des blogueurs relayant les revendications du mouvement. L'Algérie ne cesse de descendre dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, avec 27 places perdues depuis 2015.

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