Covid-19 : "Nous pouvons basculer à tout moment", avertit le Conseil scientifique

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Dans un avis rendu au gouvernement le 27 juillet, le conseil scientifique alerte sur le fait qu'il est "hautement probable qu'une seconde vague épidémique soit observée à l'automne ou l'hiver prochain" et enjoint les grandes métropoles à préparer un plan de "confinement local plus ou moins important en fonction de l'épidémie".

"Je ne sais pas ce que cherche le Conseil scientifique, s'il cherche à prendre le pouvoir en France ou à faire peur", s'est emporté mardi soir Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) sur BFMTV.

"Nous pouvons basculer à tout moment": dans l'insouciance de l'été, la France n'est pas à l'abri d'une reprise incontrôlée de l'épidémie de Covid-19, avertit le Conseil scientifique qui guide le gouvernement, alors que les cas augmentent et que les restrictions se multiplient.

Ces dernières semaines, les autorités mettent en garde contre une possible aggravation, à la lumière d'indicateurs en hausse: la semaine du 20 au 26 juillet, le nombre de nouveaux cas confirmés a connu une augmentation de 54% (5.592 au total) et la barre des 1.000 nouveaux cas par jour a été dépassée.

Le nombre des patients atteints de la COVID-19 admis en réanimation est quant à lui reparti à la hausse, rompant avec la baisse continue observée depuis début avril.

" Nous sommes encore en période de COVID-19 et donc il importe de continuer à respecter les gestes barrières, de porter le masque, de se laver régulièrement les mains au gel hydroalcoolique de faire attention", a-t-il dit.

La veille, le Premier ministre Jean Castex avait appelé à "ne pas baisser la garde", pour éviter "la perspective d'un reconfinement généralisé".

"Il appelle donc les autorités à " mettre en place dès maintenant les plans spécifiques de prévention et de précaution, renforcés et à rendre rapidement opérationnels " et à rendre les tests plus accessibles au " consommateur ".Il rappelle aussi qu'" un dialogue avec la société civile et une nouvelle stratégie de communication sont également des points clefs.

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" S'il y a 1000 cas par jour, c'est parce que le virus circule, et c'est normal".

" La situation en France ne justifie aucunement de dire qu'il y a une aggravation ", a récemment déclaré à l'AFP Yonathan Freund, professeur de médecine d'urgence à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

"En Mayenne, dans l'ouest, où un accroissement anormal de la circulation de la COVID-19 avait été constaté début juillet, les chiffres sont " à la baisse " et les actions menées pour imposer le masque, dépister et isoler vont " dans le bon sens", a souligné vendredi l'Agence régionale de santé.

Le Conseil scientifique français a laissé entendre mardi que la situation épidémiologique liée au coronavirus en France pourrait basculer " à tout moment ".

"On passe d'un risque qui était jugé acceptable et que l'on cherchait à contrôler à une doctrine du risque zéro", dit-il à l'AFP.

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