Les deux astronautes transportés par SpaceX entrent dans l'ISS

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Après presque dix-neuf heures de vol depuis le lancement de la fusée Falcon 9 et de la capsule de SpaceX, de Cap Canaveral en Floride, Doug Hurley et Bob Behnken ont rallié sans encombre la station, avant de retrouver à bord leur compatriote américain Chris Cassidy et deux cosmonautes russes.

La capsule Crew Dragon s'est amarrée à la Station spatiale internationale (ISS) à 16h16 (heure Suisse), avec quelques minutes d'avance sur l'horaire prévu.

La mission peut sembler un pas modeste dans l'exploration spatiale: " Bob " et " Doug " n'iront ni sur la Lune ni vers Mars, seulement dans la vieille station spatiale, à 400 km de la Terre, où Russes et Américains vont et viennent depuis 1998. Jim Bridenstine, le patron de la Nasa, a dit que l'équipage pourrait revenir début août.

Boeing, qui produit ses propres lanceurs spatiaux, concurrents de ceux de SpaceX, espère lancer en 2021 son véhicule CST-100 Starliner avec des astronautes à bord. "Les sociétés privées d'aérospatiale ont depuis longtemps prédit l'avènement du tourisme spatial, mais la capsule Dragon de SpaceX rend cette perspective plus réaliste que jamais", analyse la spécialiste américaine, bien que cette réalité ne sera pas celle du citoyen lambda. "Pas tant que ça, puisqu'il a fallu neuf ans aux Etats-Unis pour être capables de le faire à nouveau", a estimé l'astrophysicien neuchâtelois Willy Benz dans l'émission Forum de la RTS dimanche. C'est également moins que les 86 millions demandés auparavant par la Russie pour un ticket-aller retour à bord de leurs capsules Soyouz, précise l'analyste dans un article publié sur The Conversation.

"Le lancement d'aujourd'hui démontre que l'avenir appartient à l'industrie spatiale privée", a-t-il dit, après avoir fait applaudir Elon Musk, le fondateur de SpaceX en 2002. "J'ai du mal à parler, cela fait 18 ans que nous travaillions avec cet objectif. J'ai du mal à croire que c'est arrivé", a déclaré Elon Musk.

La météo changeante avait failli menacer une seconde fois le décollage de Falcon 9 samedi, alors que des risques de foudre avaient déjà forcé son report mercredi.

Ce samedi, dans la mythique salle d'allumage du centre Kennedy, ce ne sera pas un homme de la Nasa qui donnera le " go " ultime pour le décollage, mais le directeur de lancement de SpaceX, Michael Taylor, les officiels de l'agence spatiale américaine n'ayant pas de rôle dans le compte à rebours. "Cette année, nous allons tester deux nouvelles fusées et l'an prochain, nous reprendrons notre programme lunaire", a réagit, pour sa part, sur Twitter le porte-parole de Roskosmos, Vladimir Oustimienko.

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