"Quand j'entends le mot 'violences policières' je m'étouffe", dénonce Gérald Darmanin

Share

La soeur de Cédric Chouviat, Cynthia Chouviat, a demandé par le même canal des excuses au ministre de l'Intérieur, tandis que de nombreux observateurs dénonçaient les mots de Gérald Darmanin.

Le ministre de l'Intérieur a souligné que cette "violence légitime", la police doit l'exercer "de manière proportionnelle et encadrée".

L'expression "j'étouffe" utilisé par le ministre de l'Intérieur a engendré une polémique sur les réseaux sociaux alors que les "violences policières" sont régulièrement dénoncées, que cela soit lors des manifestations des gilets jaunes ou lors de marches en hommage à Adama Traoré ou Cédric Chouviat. "La famille Chouviat invite le ministre à se concentrer sur l'affaire criminelle dans laquelle il est mis en cause", poursuivent les avocats, une référence à l'information judiciaire en cours visant M. Darmanin après une accusation de "viol" qu'il réfute.

"D'évidence, le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité par cette saillie abjecte à tenter une pathétique manoeuvre de diversion. Il ne s'agit en aucun cas d'un parallèle dans une affaire où des mises en examen ont été prononcées", a précisé à l'AFP l'entourage de M. Darmanin. Devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale, Gérald Darmanin a réfuté mardi 28 juillet, le terme "violences policières" assurant que la police exerçait une violence légitime.

"La police exerce une violence certes mais une violence légitime".

"Quand j'entends le mot 'violences policières', personnellement je m'étouffe", a déclaré le ministre de l'Intérieur face aux députés. "Que quelques personnes le fassent en dehors des règles déontologique, la sanction doit être immédiate", a-t-il ajouté, en appelant au sociologue Max Weber qui avait théorisé un État "détenteur de la violence physique légitime". Pour rappel, le 3 janvier, à Paris, cet homme de 42 ans, menotté et plaqué au sol sur le ventre par au moins trois policiers, avait crié à sept reprises "j'étouffe" avant de succomber.

L'IGPN estime dans une synthèse d'enquête que l'un des policiers a pratiqué sur le livreur un "étranglement arrière" non mentionné par les agents dans leurs premières déclarations. "Terrible choix des mots pour un terrible déni coupable", a critiqué sur Twitter l'eurodéputée LFI Manon Aubry.

"Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit".

"Reprendre les mots des victimes, les détourner puis les retourner contre elles".

Share