La sonde Solar Orbiter a commencé son voyage vers le Soleil

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Une telle mission prend du temps pour être formulée, préparée, et pour que ses objectifs précis soient bien définis.

C'est parti pour Solar Orbiter, la sonde de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui va étudier notre étoile.

Ce projet d'1,5 milliard d'euros aura pour principal objectif l'étude du fonctionnement de l'héliosphère, zone d'influence de ces fameux " vents solaires " chargés de particules, une zone fluctuante en forme de bulle étirée (car déformée par le mouvement du soleil) et englobant notre système solaire. Et révéler les pôles du Soleil, dont on ne connaît actuellement que les régions équatoriales. Cette mission est le résultat de nombreuses années de travail dans un cadre collaboratif international entre scientifiques mais aussi entre scientifiques et industriels. Bien qu'elle ne soit destinée à s'approcher qu'à 0,28 UA du Soleil, cette sonde devrait recueillir certaines des images les plus détaillées de notre étoile jamais obtenues, notamment les premières images de ses pôles.

La plus grande tempête solaire connue de l'humanité, dite "événement de Carrington", survint en 1859: le réseau des télégraphes aux Etats-Unis fut détruit, des agents reçurent des décharges, du papier brûla dans les stations, et la lumière boréale fut visible à des latitudes inédites (jusqu'en Amérique centrale). Solar Orbiter lui donnera des images de contexte. Ils sont au nombre de quatre.

Avec six instruments imageurs (télédétection), la sonde européenne pourra elle "voir" l'astre à une distance encore jamais égalée.

SPICE (SPectral Imaging of the Coronal Environment): l'Institut d'astrophysique spatiale (IAS) est responsable des opérations du spectrographe SPICE qui permettra d'obtenir densité, température, vitesse et composition chimique du plasma de l'atmosphère solaire. Les particules solaires énergétiques de haute énergie (SEP) représentent une grave menace radiologique pour les explorateurs humains qui vivent et travaillent en dehors de l'orbite terrestre basse, de même que pour les actifs technologiques tels que les communications et les satellites scientifiques dans l'espace.

Pour atteindre son point d'observation, la sonde utilisera par deux fois la force gravitationnelle de Vénus puis une fois celle de la Terre pour se rapprocher du Soleil. La seule autre sonde à avoir exploré les pôles du Soleil a été Ulysses, en 1994-1995, mais à une distance huit fois plus grande, soit 200 millions de kilomètres. Le CEA se réjouit de participer techniquement et scientifiquement à cette mission majeure de l'ESA en fournissant les détecteurs du plan focal de l'instrument STIX qui observeront le Soleil en rayons X, et en développant des simulations numériques haute performance du Soleil. Elle débutera alors la première de ses 22 approches solaires prévues par la mission (une tous les 6 mois). Comment ce dernier est-il généré, et comment traverse-t-il la " surface " du Soleil et sa couronne? L'ESA avait confié en 2012 au constructeur européen le soin de concevoir Solar Orbiter. Il faut juste "attendre" en essayant de "se reposer au maximum" avant des journées qui s'annoncent éreintantes, confie ce père de famille, dont la femme et les deux enfants seront dimanche en Floride pour assister au décollage de la fusée Atlas V 411 depuis le Kennedy Space Center.

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