"Vidéo. " Invention " du coronavirus : "l’Institut Pasteur est-il responsable ?

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En 24 heures, la vidéo de ce Français a été visionnée près de 3 millions de fois et partagée plus de 120.000 fois. Une circulation particulièrement inquiétante au vu des fausses informations qui y sont véhiculées. Or, il s'agit d'un brevet pour un vaccin contre le SRAS, une autre maladie causée par un autre virus de la famille des coronavirus.

" Une épidémie atypique nommée syndrome respiratoire aiguë, SRAS en français, s'est propagée dans différents pays Vietnam, Hong-Kong, Thaïlande, Singapour, Canada..."

Ainsi, quand on parle des " inventeurs " de la grotte de Lascaux, on parle bien des quatre jeunes gens qui l'ont découverte en 1940 et non pas des hommes préhistoriques qui en ont orné les parois. Les résultats sont là aussi comparables à ce qui avait pu être observé avec le SARS-CoV-1: le nouveau coronavirus semble plus stable sur le plastique et l'acier que sur le cuivre et le carton. En mars 2003. Tout est là! Ces messages contiennent parfois des informations erronées et s'appuient notamment sur la prétendue expertise de chercheurs de l'Institut Pasteur.

S'il existe bel et bien des brevets déposés sur des codes génétiques de virus, cela ne veut pas dire qu'ils ont été créés, contrairement à ce que laisse entendre la vidéo. Cat-Antonio " confond le terme coronavirus, qui désigne un type de virus " en couronne " et le coronavirus 2019-nCoV, le virus qui sévit actuellement dans le monde entier.

" Il peut y en avoir un brevet sur une technologie, sur un diagnostic, sur plein de choses ", poursuit-il, ajoutant qu'il s'agit d'abord de " protéger sa découverte ", le temps de publier un article dans une revue scientifique par exemple. Ces surfaces, ce sont les "fomites": "tous les objets potentiellement porteurs de germes et qui peuvent poser des problèmes en matière d'hygiène dans la gestion du coronavirus ", explique à 20 Minutes Jocelyn Raude, enseignant-chercheur en psychologie sociale de la santé et des maladies infectieuses à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). "Ce candidat-vaccin contre SARS-cov1 n'a pas été expérimenté chez l'homme car, quand il était prêt, l'épidémie était heureusement terminée, et il n'y avait plus de patients sur lesquels proposer de le tester", est-il encore souligné. Or, comme l'ont expliqué nos confrères du Monde, il s'agissait là aussi du SARS-CoV de 2002-2003, " qui n'a donc rien à avoir avec le coronavirus en cause dans l'épidémie actuelle ".

Ces données, qui doivent encore faire l'objet de travaux complémentaires, pourraient laisser penser que la transmission du virus par l'air et par les objets est " plausible ". Même si le terme de brevet évoque le concept d'invention et porte le nom de " l'inventeur " de ce pour quoi on sollicite un brevet, il faut souligner que le mot " inventeur " à deux sens. Du côté de l'Institut Pasteur, son rôle est d'étudier les virus émergents pour créer des traitements et des vaccins. Pourtant, celui-ci n'atteste pas d'une invention du virus mais au contraire d'un candidat-vaccin de 2004 contre le SARS-Cov-1 (associé au SRAS, un précédent coronavirus apparu en Chine en 2002). Il s'agissait alors du SARS-CoV qui avait été breveté dans le but de travailler sur la création d'un vaccin et un traitement.

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